Interview de Mathieu Monot, candidat de la liste Osez Pantin aux élections municipales de Pantin

par pierre

Dans le cadre des élections municipales de Pantin, nous avons interviewé les 5 têtes de liste pour en savoir plus sur leur parcours et leur programme. Les interviews ont été réalisées en physique la semaine du 23 février, les questions ont été partagées aux candidat(e)s à l’avance et ils ont eu un droit de relecture.

Pour suivre la campagne et les interviews des autres candidat(e)s, rendez-vous sur notre rubrique Municipales 2026 et suivez nous sur Instagram.

1. Parcours et engagement politique

Bonjour Pantin et ses voisins : Pourquoi vous être engagé en politique ? Quelle est votre histoire avec Pantin ?

Mathieu Monot : Je suis né et j’ai fait toute ma scolarité dans une ville qui s’appelle Gonesse, à l’est du Val-d’Oise. Et mon papa, de 1995 jusqu’à 2014, l’année où il nous a quittés, était élu municipal. Tout petit, j’ai baigné dans ce que sont la construction des politiques publiques locales, la vie d’une mairie. Et j’ai été attiré, parce que mon père était au Parti Socialiste, par l’engagement politique assez jeune.

 Mais ce n’est pas à Gonesse que j’ai fait mes gammes en politique, c’est à Pantin. C’est une ville dans laquelle je me suis installé il y a un peu plus de 20 ans. J’y venais pour poursuivre mes études et je pensais d’ailleurs en repartir ensuite, pour retourner vivre dans mon berceau familial : j’y suis resté. J’y ai continué à militer, j’ai pris des responsabilités locales, mais c’est surtout une ville aujourd’hui où j’ai construit ma vie. J’y ai deux jeunes enfants : une petite fille qui est scolarisée dans une des écoles publiques de la ville, et un petit garçon qui a quatre mois et demi. Je suis donc, comme beaucoup de parents pantinois, confronté à la vie à l’école, la recherche du mode de garde du jeune enfant, ce qui n’est pas une mince affaire.

Bonjour Pantin et ses voisins : Dans un contexte de défiance généralisée envers les politiques et de polarisation extrême de la vie publique, quel est le rôle d’un maire selon vous ?

Mathieu Monot : Le maire, déjà, c’est l’animateur d’un collectif politique. Et le collectif politique, il a une tonalité. Effectivement, il y a un contexte qui est très, très lourd. Et nous, on a bâti un large rassemblement de la gauche. La liste que l’on porte, c’est quelque-part la liste Front populaire 2027. C’est celles et ceux qui pensent qu’il faut un candidat unique à l’élection présidentielle parce qu’il y a un danger d’extrême-droite majeur dans ce pays, et donc il faut qu’on arrive à rassembler la gauche le plus largement possible.

On veut bâtir ce laboratoire du rassemblement qui montre que localement c’est possible : on peut faire de belles choses malgré nos différences, malgré aussi parfois nos désaccords. Le rôle du maire est important pour montrer que ça peut fonctionner, et que si ça fonctionne à Pantin, ça peut fonctionner ailleurs. Ça peut être un rempart contre les idées nauséabondes qui aujourd’hui ont le vent en poupe. Pour moi, le rôle de l’équipe municipale doit être à la fois de construire un refuge, d’être un rempart et d’être une équipe combattante pour empêcher cette montée de l’extrême-droite. Je suis persuadé qu’on doit, et qu’on peut, reprendre le combat culturel et politique pour l’empêcher.

Bonjour Pantin et ses voisins : Vous vous retrouvez face au maire sortant dont vous avez été le premier maire adjoint pendant des années, ne craignez-vous pas que cela soit interprété comme une guerre d’ego ?

Mathieu Monot : Je ne parle jamais des relations interpersonnelles dans cette campagne. Je pense que ça n’a pas sa place. Nous avons vécu de belles choses collectivement et ce n’est pas dans ma nature de porter un regard désagréable sur le passé.

Notre désaccord avec Bertrand Kern est politique. Au moment d’aborder cette élection, il y avait un choix : d’un côté celui du renouveau, de l’autre celui de l’immobilisme et de la parole non tenue. C’est cette dernière option qu’a choisie le maire sortant.

Il avait annoncé en 2020 aux Pantinoises et aux Pantinois que ce mandat serait son dernier. Il ne tient pas cet engagement. On a le droit de changer d’avis, bien sûr. Mais après 25 ans d’exercice du pouvoir, la question devient : quel nouveau souffle propose-t-on encore ?

L’équilibre de notre vie collective et la capacité d’une ville à avancer ne reposent pas sur une personne qui se maintiendrait indéfiniment en place. Au contraire, cela repose sur une démocratie vivante, un renouvellement des idées et des visages.

Nous portons justement l’idée qu’il faut se réinventer, se réinterroger. Il y a des choses qui fonctionnent très bien à Pantin, mais il y a des choses à corriger, parce qu’elles abîment. Et ce débat-là, Bertrand Kern nous l’a refusé, aux membres de son parti comme au collectif des élus sortants.

C’est cela qui fait qu’il y a deux tonalités très différentes aujourd’hui dans cette campagne : une équipe qui aborde une forme d’autosatisfaction et vous dit « on aime Pantin et on veut continuer », et une équipe qui porte un autre message : « il y a des choses formidables, on en a aussi été les artisans, à présent le moment est venu de corriger ce qui doit l’être, d’oxygéner la démocratie pantinoise et d’oser de nouvelles dynamiques ». C’est ce que défend le collectif Osez Pantin. La politique, ce n’est pas qu’une affaire d’individus, c’est une affaire collective.

Regardez Paris. En vingt-cinq ans, Bertrand Delanoë, puis Anne Hidalgo, et demain, je l’espère, Emmanuel Grégoire, auront chacun porté une vision, une équipe, une méthode. La ville a changé parce que les regards ont changé. C’est cela, la démocratie locale : une succession d’élans, pas une continuité figée.

À Pantin, depuis ¼ de siècle, c’est la même direction politique. Or une ville ne peut pas se raconter indéfiniment de la même façon. Les défis sociaux, écologiques, démocratiques ont profondément évolué. Ils appellent un cap différent.

Nous ne proposons pas une variation. Nous proposons une nouvelle étape, une autre manière de gouverner, une autre manière d’associer les habitants.

Ouvrir une page nouvelle, ce n’est pas renier l’histoire. C’est écrire la suite.

Cette nouvelle page, c’est Osez Pantin !

Bonjour Pantin et ses voisins : Fondamentalement, qu’est-ce qui vous différencie de Bertrand Kern ?

Mathieu Monot : On a des approches différentes de ce qu’est la ville. Je pense qu’il faut réussir à regarder ce territoire sans vouloir faire systématiquement du marketing territorial. Pantin, c’est une ville formidable, mais c’est aussi une ville où il y a un tiers des habitants qui vit sous le seuil de pauvreté. C’est une ville où, si on prend les Quatre-Chemins, les Courtillières, les Limites ou le Haut-Pantin, presque la moitié des habitants se sent à la marge du développement. Poser ce diagnostic-là, c’est déjà une différence majeure.

Ensuite, il y a une question de méthode sur les enjeux de démocratie locale. On a trop fonctionné au « coup par coup » et dans la correction a posteriori. À chaque fois qu’on a présenté un projet aux habitants, on est venu avec une copie ficelée qui parfois n’a pas été comprise, et ensuite c’était corrigé à la marge et dans la précipitation. Les exemples sont nombreux : l’Îlot 27, l’îlot Jacques-Brel, le Théâtre des Loges, le Ventre de la baleine, le plan de circulation ou des bus. Systématiquement, ça a été fait sans concertation préalable. Le projet a été présenté et après, a été ajoutée la petite touche de concertation pour tenter de faire accepter. Nous pensons de notre côté qu’il faut inverser le système : dès qu’un projet émerge et semble nécessaire, la première case qu’on doit cocher, c’est la présentation aux habitants et la co-construction.

Et enfin, je pense que notre vie locale doit se tourner vers davantage de transparence. Aujourd’hui, il y a une forme d’opacité. On n’a pas de portails qui permettent d’avoir accès à toutes les données de la ville alors qu’elles devraient être publiques, les décisions ne sont ni lisibles ni contrôlables par les habitants.


2. Logement et inégalité

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment rééquilibrer Pantin, qui subit un développement à plusieurs vitesses avec un Triangle d’or très demandé et d’autres quartiers qui le sont moins ?

Mathieu Monot : Nous, on appelle ça la théorie des différents Pantins qui cohabitent les uns à côté des autres. Les enjeux d’aménagement, de logement, d’école ou de petite enfance, ça doit être autant d’outils qui permettent de retisser des liens entre ces quartiers. 

Aujourd’hui, on est un peu assigné à résidence dans sa poche de vie à Pantin. Dans une même rue, vous avez la sérénité de celles et ceux qui vont bien, et l’inquiétude de celles et ceux pour lesquels la fin du mois est un problème. Le rôle d’une ville, c’est d’en tenir compte et de créer, en conséquence, des politiques qui recréent du lien.

La carte scolaire, par exemple, crée du lien selon la manière dont elle est construite : elle fait de la mixité ou elle n’en fait pas. Si dès l’école on ne crée pas ces conditions, comment imaginer vivre les uns avec les autres ? C’est pareil pour le plan de transport et les navettes que nous souhaitons créer pour relier ces différentes poches de vie un peu éclatées : la mobilité est un élément fondamental de lien social, d’égalité entre les quartiers, et d’accès à la vie démocratique.

Bonjour Pantin et ses voisins : Que proposez-vous pour endiguer la flambée des prix de l’immobilier et faire respecter l’encadrement des loyers ?

Mathieu Monot : Aujourd’hui, malheureusement, il y a cet « effet splash » du marché de l’immobilier : c’est-à-dire un déménagement des classes populaires et moyennes de la ville, provoqué par la main invisible du marché et l’accroissement effréné des prix. 

La collectivité doit mettre en place un maximum de leviers pour lutter contre ce phénomène. Il faut d’une part qu’on augmente notre part de logement social. Nous fixons le curseur à 50% dans tous nos nouveaux aménagements. C’est indispensable pour accompagner les parcours résidentiels – c’est-à-dire permettre à chacun·e de trouver un logement adapté à chaque étape de sa vie : agrandissement de la famille, séparation, vieillissement. Aujourd’hui, quand vous êtes un jeune qui a fait ses études à Pantin, vous ne pouvez pas y trouver votre premier logement.

D’autre part, il faut travailler sur l’accession sociale à la propriété. On utilise tous les leviers, notamment le BRS (Bail Réel Solidaire) qui permet de dissocier le coût du foncier de celui des murs. C’est un modèle qui mériterait d’être étendu. Et pour le logement libre, il faut plafonner les prix et renforcer fortement les clauses anti-spéculatives.

Sur l’encadrement des loyers, nous devons nous inspirer de ce que fait Paris depuis 2023. En quelques clics, les locataires peuvent vérifier si leur loyer respecte le plafond légal et signaler un éventuel dépassement. Ensuite, la Ville accompagne la mise en conformité du bail et la régularisation des sommes perçues en trop. Les résultats sont là : des loyers ajustés, des sommes restituées, et une hausse contenue.

Cela montre qu’un encadrement n’a de sens que s’il est réellement appliqué. En nous appuyant sur les études menées par l’APUR et des économistes sur les villes où l’encadrement est en vigueur, un dispositif réellement appliqué à Pantin aurait permis de freiner la hausse des loyers d’environ 5 % et de représenter près de 1 000 euros d’économie annuelle pour les locataires concernés. Nous voulons mettre en place un dispositif simple, accessible et effectif, pour garantir le respect des règles et protéger le pouvoir d’achat des habitants. 

Nous voulons aussi réduire les meublés de tourisme type Airbnb : passer de 120 jours à un seuil entre 80 et 90 jours, pour ne pas faire de cette opportunité un outil de rentabilité qui transforme complètement notre parc de logements. Enfin, on veut créer un observatoire des charges locatives pour accompagner les habitants et les aider à réduire leurs factures.

Bonjour Pantin et ses voisins : La construction de logements supplémentaires est-elle compatible avec l’envie de préserver des espaces verts ?

Mathieu Monot : Je le pense. On doit réussir un juste équilibre. Quand on a près de 8 000 familles qui attendent un logement social et un tiers des habitants sous le seuil de pauvreté, on ne peut pas faire l’économie de la construction. Mais ça doit être réfléchi : de temps en temps, il faut créer un peu de verticalité pour dégager de l’espace au sol et faire respirer la ville à l’échelle des opérations d’aménagement.

Bonjour Pantin et ses voisins : Pantin est-elle toujours une ville populaire aujourd’hui ?

Mathieu Monot : Par rapport à la statistique d’un habitant sur trois qui vit sous le seuil de pauvreté – le double de la moyenne nationale –, mécaniquement, on reste une ville populaire. Et cet ADN, c’est celui de Pantin. Mais il y a un effet de gentrification indéniable. On voit des prix au mètre carré qui montent parfois jusqu’à 8 000 ou 9 000 euros. Certains secteurs peuvent sembler excluants ; des habitants ne se sentent pas à l’aise avec certains commerces parce que les prix sont trop élevés. On ne va pas aller contre la liberté d’entreprendre, en revanche il nous faut trouver des leviers sur la diversité commerciale, pour que les nouveaux commerces correspondent aux attentes de toute la population.


3. Sécurité

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions phares pour le quartier des Quatre Chemins et la sécurité en général ?

Mathieu Monot : La sécurité, c’est un sujet très prégnant aux Quatre-Chemins, mais pas seulement. On a aussi des problématiques au métro Hoche qui empoisonnent la vie des gens. Et, il y a cet enjeu de tranquillité à prendre à bras le corps sur la place de l’Eglise, dans le secteur des Limites, aux Pommiers ou encore aux Courtillières.

Ce n’est pas un gros mot, y compris quand on est de gauche, de parler de sécurité : c’est l’une des conditions de l’épanouissement collectif.

La première chose, c’est de renforcer les effectifs de notre Police municipale. Aujourd’hui, ils ne sont pas suffisants pour être présents sur le terrain autant que souhaitable. On veut une montée en puissance avec une cinquantaine d’agents et permettre que la police municipale marche 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Aujourd’hui, à part quelques opérations, elle s’arrête à 20 heures. 

On veut aussi ouvrir deux antennes de police municipale : une au métro Hoche et une aux Quatre-Chemins, pour ramener de la sérénité par de la présence humaine. Mais la sécurité, ça marche aussi avec la prévention. Il faut accompagner les plus jeunes, être présent sur le travail des jeunes et renforcer la médiation.

La sérénité passe aussi par un espace public réellement accessible à toutes et tous : des rues propres, un éclairage public efficace, des aménagements qui permettent de circuler librement, à toute heure. Quand votre rue est sombre, il y a un sentiment d’insécurité qui s’installe. 

Enfin, je veux qu’on sorte du discours de l’impuissance. Ça suffit les réunions où le maire dit : « C’est pas moi, c’est l’État ». Nous, on prendra notre part.

Bonjour Pantin et ses voisins : Votre adversaire, Geoffrey Carvagnolo, propose d’armer la police municipale. Qu’en pensez-vous ?

Mathieu Monot : Non. Je suis fondamentalement opposé à l’armement de la police municipale. Beaucoup d’études montrent que ça ne change strictement rien. Dire qu’il faut les armer pour pouvoir recruter, c’est un songe. Les questions RH ne se matérialisent pas par le port de l’arme. C’est faire reposer une responsabilité de formation bien trop lourde sur la ville. Il appartient à l’État et à la police nationale d’être armés de manière létale. Nos policiers municipaux ont des flashballs et des tasers, et c’est largement suffisant pour leurs missions.


4. Transition écologique et aménagement

Bonjour Pantin et ses voisins : En quoi consiste le plan “Pantin propre, fraîche et respirable” ?

Mathieu Monot : On veut associer plusieurs sujets dans un seul bloc environnemental. Pantin doit être propre mais aussi davantage ombragée. Partout où on marche, où on attend, on doit retrouver de la fraîcheur par de l’ombre et par la présence de l’eau en ville.
On veut aussi diminuer notre empreinte carbone en transformant les mobilités pour améliorer la qualité de l’air.
Ce plan, ce sont aussi des points fraîcheur à moins de 15 minutes pour chaque Pantinois, la plantation de 10 000 arbres sur le mandat et la création ou l’agrandissement de 15 parcs.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quel est l’objectif pour la rénovation énergétique des bâtiments et des logements sociaux ?

Mathieu Monot : C’est un sujet majeur pour ne plus avoir de passoires énergétiques où il fait froid l’hiver et trop chaud l’été. En arrivant aux responsabilités, nous ferons un audit complet du patrimoine de la ville, avec un focus prioritaire sur les écoles. À partir de là, nous engagerons une planification sur six ans pour tout remettre à niveau.

Pour les logements sociaux, ça passe par un dialogue avec les bailleurs. Mais il ne faut pas oublier les propriétaires privés. La ville doit se mettre à leurs côtés. On propose un fonds municipal pour « amorcer la pompe » sur les rénovations de copropriétés, car le frein, c’est souvent l’avance de trésorerie pour lancer les études et obtenir les aides de l’État.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions pour les mobilités douces et les transports ?

Mathieu Monot : Nous voulons réfléchir nos espaces publics « à hauteur d’enfants ». Si c’est bien pour un enfant, c’est bien pour tout le monde : plus apaisé, plus vert, plus accessible pour les poussettes comme pour les personnes âgées. On doit ordonner l’espace pour éviter les conflits d’usage entre vélos et piétons. Il faut sécuriser le maillage cyclable, notamment sur l’avenue Édouard Vaillant qui est un énorme point noir.

Sur les transports, Pantin est très éclatée. Il y a un axe nord-sud qui existait par le bus 170 entre Quatre-Chemins et Hoche et qui a disparu. Il faut absolument le reconnecter. Aujourd’hui, des personnes âgées des Quatre-Chemins ne peuvent plus aller faire leurs courses à Hoche, et des gamins ont plus de mal à aller au lycée Marcelin Berthelot. Et pour les quartiers comme les Courtillières ou le Haut-Pantin, on veut créer des navettes municipales directes pour les connecter aux équipements publics de la ville. C’est un service public nouveau qu’on doit garantir.

Bonjour Pantin et ses voisins : Pourquoi vouloir le label “ville amie des animaux” ?

Mathieu Monot : C’est important parce qu’une ville où les animaux vivent bien, c’est une ville où leurs propriétaires vivent bien aussi. On veut améliorer nos espaces publics avec des « caniparcs » pour que les chiens puissent se dépenser et faire leurs besoins ailleurs que sur le trottoir. On veut aussi réarmer la propreté avec des outils simples pour celles et ceux qui ont des animaux. Et enfin, on propose une innovation : un achat groupé encadré par la ville pour une mutuelle des animaux domestiques. Ça n’existe pas aujourd’hui et ça représente un coût très conséquent pour les familles.


5. Politique culturelle et inclusion

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment garantir une vie culturelle importante malgré les baisses de subventions ?

Mathieu Monot : Dans ce contexte difficile, Pantin continuera à avoir toujours autant d’ambitions pour développer et faire rayonner sa vie culturelle. 

Elle devra — cela manque aujourd’hui — s’appuyer sur davantage de confiance avec les acteurs culturels Pantinois. La vie culturelle repose sur un écosystème foisonnant d’artistes et d’artisans qui ont parfois le sentiment que la ville ne se préoccupe pas d’eux. Avec peu de moyens mais plus de liens, on peut faire beaucoup.

On veut aussi décentraliser la culture : il faut mettre la culture « à dix minutes » de chaque habitant. On doit pouvoir pratiquer le théâtre ou un instrument dans sa maison de quartier, au plus près de chez soi.
Nous proposons également qu’une partie de la saison culturelle soit co-construite avec des jurys d’habitants, pour faire de la programmation un espace partagé, ouvert à toutes et tous. 

Enfin, nous protégerons les lieux de production et de diffusion. Sur le Théâtre des Loges et le Ventre de la baleine, lieux menacés par une décision municipale, nous disons : moratoire. Il faut mettre tout le monde autour de la table pour préserver ces espaces de création.

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment améliorer l’accueil des familles et l’accès aux crèches ?

Mathieu Monot : Pantin est considérablement en retard. Seules trois villes en petite couronne font moins bien que nous, et elles sont toutes plus pauvres. On n’a que 4 familles sur 10 qui ont un mode de garde, ce n’est pas suffisant. Il faut réarmer le service public de la petite enfance. Dès le début du mandat, on créera deux crèches publiques : une aux Limites et une à horaires décalés au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville, là où il y a des bureaux inoccupés.

Nous allons aussi anonymiser les demandes de places en crèche pour créer de la confiance. Et nous créerons un critère de priorité pour les familles monoparentales. On veut déployer un véritable « statut parent solo » à Pantin pour accompagner ces familles qui représentent 36% des foyers avec enfants chez nous.

Bonjour Pantin et ses voisins : Qu’est-ce que le “Passe Curiosité” pour les jeunes ?

Mathieu Monot : C’est l’inverse du pass culture. Le pass culture vous donne une somme et vous laisse vous débrouiller. Le passe curiosité, c’est un parcours : on prend les jeunes par la main pour leur faire découvrir le cinéma, des pratiques sportives méconnues, l’émotion culturelle. C’est leur permettre de tâtonner et de découvrir la production artistique à l’échelle de notre ville.

Bonjour Pantin et ses voisins : Vous êtes intervenu l’an dernier auprès de l’Académie de Seine-Saint-Denis pour dénoncer la fermeture de classes dans les écoles pantinoises. Que faire, face à l’Etat, pour garantir aux enfants de la ville des conditions d’éducation optimales ?

Mathieu Monot : Sur les défaillances de l’État et le non-remplacement des professeurs, le maire doit être au combat. C’est inacceptable qu’en Seine-Saint-Denis, un enfant perde un an de scolarité sur l’ensemble de son parcours faute de remplaçants.

Pour le lycée Marcelin Berthelot, l’état des bâtiments est indigne. C’est la responsabilité de Madame Pécresse et de son représentant Monsieur Carvalhino. La ville n’est pas assez combative. Maire, j’irai taper du poing sur la table dans le bureau de la présidente de Région. Je proposerai même que la ville prenne sa part en proposant du foncier pour accompagner la reconstruction.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles propositions pour les seniors ?

Mathieu Monot : On va vivre un paradoxe : on est le département le plus jeune, mais notre population vieillit plus vite qu’ailleurs. On doit être aux côtés des seniors en perte d’autonomie avec des services de proximité (petit bricolage, aide administrative, accompagnement numérique…). 

Un point nous semble crucial : adapter le logement. Il faut arrêter de mettre les personnes âgées au 12e étage des tours sans garantie d’ascenseur. Il faut aussi réfléchir les aménagements à l’évolution de notre démographie.

Mais vieillir, ce n’est pas seulement être confronté aux enjeux de dépendance. On veut une ville joyeuse, festive, culturelle avec des liens intergénérationnels et du partage.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quel est le principe de la mutuelle municipale ?

Mathieu Monot : C’est une complémentaire santé négociée par la collectivité pour qu’elle soit moins chère. On l’obtient sans condition d’âge ou de ressources. C’est un outil indispensable pour la santé en ville. En parallèle, nous nous engageons à créer un quatrième centre municipal de santé (CMS) à Raymond Queneau et à augmenter le recrutement de spécialistes.


6. Démocratie et gouvernance

Bonjour Pantin et ses voisins : Pourquoi anonymiser toutes les demandes d’aides ?

Mathieu Monot : Recréer de la confiance est impératif. Partout en balade urbaine, en réunion, en échange aux pieds des immeubles, les gens témoignent : « on ne sait pas comment c’est attribué ». L’anonymisation garantit que votre dossier est étudié selon votre situation réelle (revenus, urgence…), et pas selon votre nom, votre adresse ou si vous connaissez quelqu’un à la mairie. On créera un système de cotation par points. Et enlevons tout doute : être pantinois restera un critère prioritaire, mais ce ne seront pas les « Pantinois choisis par le maire », ce seront les Pantinois choisis selon des critères transparents et publics.

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment favoriser la concertation et la proximité ?

Mathieu Monot : Le dialogue avec les habitants ne peut pas avoir lieu une seule fois tous les six ans. 

Je veux créer le dispositif « Mieux vivre dans mon quartier » avec des permanences d’élus dans chaque bassin de vie. Osez Pantin, c’est aussi la création à l’échelle pantinoise de l’ »Assemblée des 100 voix » : 100 citoyens tirés au sort, représentatifs et indemnisés, pour tester nos politiques et affiner nos projets. On créera aussi un conseil pour les travailleurs et un conseil local du handicap. Enfin, le plan d’investissement de la ville sera mis au débat participatif, pour que les habitants choisissent les priorités.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelle sera votre stratégie face aux autres institutions ? Et quel serait votre bras de fer prioritaire ? 

Mathieu Monot : La collectivité doit être combative. Elle ne l’est pas assez aujourd’hui. S’il y a un bras de fer prioritaire à engager, ce sera avec la Région Île-de-France sur le dossier du lycée Marcelin Berthelot. 

Les transports sont un autre enjeu majeur. Avec la Région et Île-de-France Mobilités, la Ville doit être beaucoup plus exigeante : sur la fréquence des bus, la régularité des lignes, les correspondances, mais aussi sur l’aménagement des sorties de gare, la sécurisation des abords, la qualité des cheminements piétons et cyclables.

Une gare, ce n’est pas seulement un quai : c’est un quartier, un accès à l’emploi, aux études, à la culture. L’aménagement de ces espaces doit être pensé pour les Pantinoises et les Pantinois, et défendu avec détermination face aux institutions compétentes.

Être maire, ce n’est pas subir les décisions prises par d’autres. C’est porter la voix de la ville, négocier, obtenir, et parfois s’opposer lorsque l’intérêt des habitants l’exige.


Bonjour Pantin et ses voisins : Une thématique oubliée que vous voudriez aborder ?

Mathieu Monot : L’idée de faire de Pantin une ville refuge, émancipatrice et fière. Quelle que soit votre identité, votre histoire, votre orientation sexuelle : vous devez pouvoir être vous-même ici. On a travaillé avec des collectifs comme Queer Pantin pour construire un programme qui lutte contre toutes les discriminations, les Mères Deter pour être pleinement à l’écoute des besoins des familles monoparentales, et nous faisons de l’antiracisme et de la lutte contre l’antisémitisme des combats majeurs.

Bonjour Pantin et ses voisins : Votre mot de la fin ?

Mathieu Monot : À Osez Pantin, on veut continuer à faire ce qui se fait de bien, et on en a l’expérience, mais surtout : changer ce qui doit l’être. Pantin s’est transformée, mais ça ne suffit pas. C’est le sens de notre liste : Osez Pantin !

Pour aller plus loin :
Compte Instagram de la liste Osez Pantin
Site Internet de la liste Osez Pantin

Interview réalisée au Café du marché.

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