Dans le cadre des élections municipales de Pantin, nous avons interviewé les 5 têtes de liste pour en savoir plus sur leur parcours et leur programme. Les interviews ont été réalisées en physique la semaine du 23 février, les questions ont été partagées aux candidat(e)s à l’avance et ils ont eu un droit de relecture.
Pour suivre la campagne et les interviews des autres candidat(e)s, rendez-vous sur notre rubrique Municipales 2026 et suivez nous sur Instagram.
1. Parcours et engagement politique
Bonjour Pantin et ses voisins : Pourquoi vous être engagé en politique ? Quelle est votre histoire avec Pantin ?
Geoffrey Carvalhinho : Je me suis engagé en politique en 2005, à la suite du décès d’un jeune homme dans mon quartier, à La Courneuve, à quelques mètres seulement de mon domicile. Ce drame, survenu le jour de la fête des Pères, m’a profondément marqué. Je me suis dit qu’il n’était pas acceptable qu’un tel événement puisse se produire dans un quartier populaire. Cela aurait pu être l’un de mes frères, un membre de ma famille, ou moi-même. Ce moment a été pour moi une prise de conscience : lorsque l’on vit dans ces territoires, on ne peut pas se résigner à l’injustice ou à l’abandon.
C’est cette conviction qui a guidé mon engagement. Je considère que la Seine-Saint-Denis est un département riche de ses habitants, de son énergie et de ses talents, où chacun doit pouvoir bénéficier des mêmes chances. Ayant grandi dans un quartier populaire, j’ai toujours été animé par une exigence simple : améliorer concrètement la vie quotidienne, garantir l’accès aux services publics, à la culture, à la tranquillité et à la sécurité, et permettre à chacun de s’émanciper et de construire son parcours.
C’est dans cet esprit que je me suis engagé très jeune dans la vie publique.
Mon histoire avec Pantin remonte d’ailleurs à l’adolescence. Mes premières sorties s’y faisaient aux Quatre Chemins. Il y avait alors le cinéma que l’on appelait Le Météore. Le dimanche matin, lorsque mes parents me donnaient un peu d’argent de poche — nous étions au début des années 2000 — c’est là que je venais. J’y ai découvert une ville animée, commerçante, vivante. À l’époque, les Quatre Chemins étaient parfois décrits comme les « Champs-Élysées de la Seine-Saint-Denis » : il y avait des boutiques, des galeries, une véritable effervescence urbaine. C’est ainsi qu’est né mon attachement à Pantin.
Mon premier emploi étudiant s’y est déroulé. J’y ai ensuite pris mon premier logement en colocation, puis j’ai vécu avenue Édouard-Vaillant, toujours aux Quatre Chemins. Aujourd’hui, je réside dans le quartier de l’Église. Je viens d’acquérir un appartement et je m’installerai d’ici quelque temps à proximité du secteur des Pommiers.
Ce parcours résidentiel, progressif et ancré dans la ville, correspond à la vision que je défends pour Pantin : une ville où l’on peut s’installer, évoluer, construire sa vie et se projeter dans l’avenir, une ville où il fait bon vivre et où chacun peut trouver sa place.
Bonjour Pantin et ses voisins : Dans un contexte de défiance généralisée envers les politiques et de polarisation extrême de la vie publique, quel est le rôle d’un maire selon vous ?
Geoffrey Carvalhinho : Pour moi, le rôle d’un maire est avant tout de rassembler la population, jamais de la diviser. Il doit veiller à ce que les décisions prises au niveau communal soient guidées par l’intérêt local, préservées des logiques et des affrontements de la politique nationale.
Je veux dire aux Pantinoises et aux Pantinois que, s’ils me font confiance, ils auront l’assurance d’un maire et d’une équipe entièrement tournés vers l’avenir de Pantin et vers les réalités concrètes de leur quotidien. Notre action municipale sera consacrée aux services publics, au cadre de vie, à la sécurité, à l’éducation et à tout ce qui fait la qualité de la vie locale.
Nous ne chercherons jamais à importer au conseil municipal des débats nationaux qui n’apportent rien aux habitants. Administrer Pantin, c’est servir les Pantinois, et non gouverner selon une étiquette politique, qu’elle soit de droite ou de gauche.
Dans un contexte où les extrêmes cherchent à polariser la société, Pantin doit au contraire incarner un point d’équilibre, de stabilité et de rassemblement.
2. Logement et inégalité
Bonjour Pantin et ses voisins : Comment rééquilibrer Pantin, qui subit un développement à plusieurs vitesses avec un triangle d’or très demandé et d’autres quartiers qui le sont moins ?
Geoffrey Carvalhinho : Pantin est une ville attractive, située aux portes de Paris, et cette attractivité s’est fortement traduite dans les prix de l’immobilier. En quelques années, on est passé d’environ 2 000 euros (début des années 2000) à des niveaux atteignant aujourd’hui 6 000 euros en moyenne, voire 9 000 euros le mètre carré dans certains secteurs.
Face à cette évolution, ma conviction est simple : Pantin doit rester une ville accessible à tous. Cela suppose une véritable diversification de l’offre de logement. Nous comptons aujourd’hui près de 40 % de logement social ; je ne souhaite ni augmenter ni diminuer cette part. En revanche, je veux garantir un logement social digne, bien entretenu, où chacun puisse vivre sereinement.
Il faut également développer le logement intermédiaire et favoriser l’accession sociale à la propriété, afin de permettre aux classes moyennes et aux jeunes actifs de s’installer durablement dans la ville.
Aujourd’hui, trouver un logement à Pantin est devenu particulièrement difficile. Une partie du parc locatif disparaît du marché classique, certains propriétaires préférant se tourner vers la location touristique de courte durée. Je souhaite donc réduire le nombre de jours autorisés pour les locations de type Airbnb, afin de remettre des logements sur le marché résidentiel.
Je formule aussi une proposition concrète en direction des jeunes : la mise en place d’un dispositif municipal de garantie locative. Trop souvent, l’absence d’un garant disposant de revenus élevés bloque l’accès au logement. La Ville pourrait accompagner les jeunes en se portant garante, via des mécanismes assurantiels sécurisés, afin de lever cet obstacle sans exposer les finances publiques.
Enfin, je considère que la qualité architecturale et urbaine doit être une exigence partagée. À Pantin, les constructions doivent offrir la même dignité visuelle et fonctionnelle, qu’il s’agisse de copropriétés privées ou de logements sociaux. Cette égalité de traitement participe du respect des habitants et de l’image de la ville, et c’est aujourd’hui un point sur lequel nous devons progresser.

Bonjour Pantin et ses voisins : La construction de logements supplémentaires est-elle compatible avec l’envie notamment de préserver des espaces verts ?
Geoffrey Carvalhinho : Je suis convaincu que nous devons trouver un juste équilibre. Lorsqu’une ville compte près de 8 000 familles en attente d’un logement social, il serait irresponsable de renoncer à construire. En revanche, cette construction doit désormais être pensée avec davantage d’exigence et de cohérence.
Dans certains secteurs, il peut être pertinent de construire un peu plus en hauteur, afin de libérer de l’espace au sol, préserver des espaces ouverts et permettre à la ville de respirer davantage. L’objectif n’est pas de construire plus à tout prix, mais de construire mieux, dans le respect du cadre de vie et des habitants.
Bonjour Pantin et ses voisins : Pantin est-elle toujours une ville populaire aujourd’hui ?
Geoffrey Carvalhinho : Pantin demeure une ville populaire. Près d’un habitant sur trois y vit sous le seuil de pauvreté, un niveau comparable à celui de certaines villes industrielles du nord de la France. Ce caractère social fait partie de l’identité profonde de la commune et il doit être préservé.
Dans le même temps, un phénomène de transformation urbaine est à l’œuvre. Certains secteurs connaissent une montée des prix et une évolution commerciale qui peuvent donner à une partie des habitants le sentiment d’être progressivement mis à l’écart. Lorsque de nouveaux commerces s’installent avec des tarifs élevés, tous ne s’y retrouvent pas et cela peut créer un malaise.
Ma conviction est que la ville doit rester accessible à tous. C’est pourquoi je souhaite mener une politique volontariste en matière de préemption commerciale. Lorsqu’un local se libère, la municipalité peut, par l’intermédiaire d’une foncière, intervenir afin d’orienter l’installation de commerces utiles aux habitants et compatibles avec leur pouvoir d’achat.
L’objectif est clair : assurer un équilibre commercial sur l’ensemble du territoire communal. Il ne peut y avoir un seul secteur privilégié pendant que d’autres quartiers seraient laissés de côté. Pantin doit rester une ville vivante, diverse et accueillante pour tous ses habitants.
Bonjour Pantin et ses voisins : Comment comptez-vous financer votre programme alors que vous promettez zéro augmentation d’impôts sur la mandature ?
Geoffrey Carvalhinho : Cet engagement est réaliste parce qu’il repose sur une méthode simple : mobiliser pleinement les financements extérieurs et utiliser au mieux les moyens dont dispose déjà la Ville. Un maire doit savoir aller chercher les aides de la Région, de l’État, de la Métropole et des partenaires publics. En tant qu’élu régional, je connais ces dispositifs et leur fonctionnement. La Région peut financer jusqu’à 35 % de certains équipements, et j’ai déjà pu contribuer à mobiliser plus d’un million d’euros pour le centre de santé municipal Jeanne-Lévy, ainsi qu’un financement équivalent pour la future Maison de la jeunesse.
Pantin dispose par ailleurs d’un budget d’environ 227 millions d’euros pour 62 000 habitants. Ce n’est pas un budget modeste : c’est un budget conséquent, qui donne à la ville les moyens d’agir, à condition de bien hiérarchiser les priorités.
Nous pouvons ainsi préserver les habitants d’une augmentation d’impôts en agissant sur plusieurs leviers : en recherchant systématiquement les cofinancements publics, en réalisant des économies, notamment sur les dépenses énergétiques, et en orientant l’investissement vers ce qui améliore réellement le quotidien.
L’objectif est clair : maintenir les services essentiels, maîtriser les dépenses là où c’est possible et continuer à investir pour l’avenir, sans faire peser de charge fiscale supplémentaire sur les Pantinoises et les Pantinois.
3. Sécurité
Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions phares concernant le quartier des 4 chemins et la sécurité ?
Geoffrey Carvalhinho : Depuis quinze ans, je parle des questions de sécurité avec constance et lucidité. Pendant longtemps, au conseil municipal, on me répondait qu’il n’y avait pas de problème d’insécurité à Pantin. Aujourd’hui, j’entends chez d’autres candidats des propositions qui reprennent, parfois mot pour mot, ce que je défendais déjà il y a dix ans.
La sécurité n’est pas un slogan, c’est une responsabilité. Et ceux qui promettent sans connaître les réalités du terrain prennent le risque de décevoir les habitants.
Pour ma part, je suis très clair : Pantin doit disposer d’une police municipale renforcée, équipée et moderne. Je souhaite porter ses effectifs à 70 agents de terrain, avec une présence assurée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Je veux également créer une unité dédiée à la lutte contre les trafics de cigarettes à la sauvette, qui nuisent à la tranquillité publique et à l’image de la ville. Cinq points de présence seront installés, notamment dans les maisons de quartier, afin d’ancrer la police municipale au plus près des habitants.
Je défends une police municipale de proximité, présente aux abords des écoles, mobilisée contre les rixes, et engagée dans un dialogue régulier avec la population. La sécurité, ce n’est pas seulement intervenir, c’est aussi prévenir et rassurer.
À Pantin, chacun a droit à la tranquillité. Il n’est pas acceptable qu’une mère de famille soit importunée à la sortie du métro, ni que des habitants ne puissent dormir la nuit. C’est une exigence simple, mais essentielle, et je m’y tiendrai pleinement.
Par ailleurs, aux Quatre-Chemins, il ne faut ni nier les problèmes de sécurité, ni réduire l’avenir du quartier à cette seule question. Oui, il faudra un poste de police municipale et une unité spécialisée contre les vendeurs de cigarettes à la sauvette.
Mais l’enjeu est plus large : améliorer le cadre de vie, rénover l’avenue Édouard-Vaillant, redonner une vocation au site de l’ancien cinéma, transformer les anciennes galeries Tomy en équipement utile au quartier, soutenir les commerces et mieux connecter le secteur, notamment avec le retour du bus 170 vers la ligne 5.
Mon objectif est simple : faire des Quatre-Chemins un quartier plus agréable, mieux équipé et pleinement intégré à Pantin.
Bonjour Pantin et ses voisins : Pourquoi vouloir armer la police municipale ? Est-ce une demande des forces de l’ordre ?
Geoffrey Carvalhinho : La question de l’armement de la police municipale doit être abordée avec pragmatisme. Aujourd’hui, la quasi-totalité des communes de Seine-Saint-Denis ont fait ce choix. Il est donc légitime de se demander pourquoi Pantin resterait à l’écart.
Si nous voulons recruter et fidéliser des agents compétents, nous devons leur offrir les moyens d’exercer leur mission en sécurité. Sans cela, nous peinerons à attirer des professionnels, car ils savent qu’ils peuvent devenir des cibles. Protéger ceux qui nous protègent est une responsabilité.
Par ailleurs, la formation au port d’arme pour les policiers municipaux est encadrée, exigeante et progressive. Elle s’inscrit dans un cadre strict qui garantit à la fois la maîtrise technique et le respect des règles d’intervention.
De nombreuses villes, y compris dirigées par des majorités de gauche — comme Saint-Denis, Saint-Ouen, Les Lilas ou même Bobigny — ont fait ce choix. L’enjeu n’est donc pas idéologique, mais opérationnel. Lorsque certaines communes comme Aubervilliers se dotent de moyens renforcés, les phénomènes de délinquance ont tendance à se déplacer vers les territoires moins équipés. Nous le constatons déjà dans certains secteurs, notamment aux abords des Quatre Chemins.
Il faut donc agir avec lucidité. Sans ces moyens, nous aurons des difficultés à recruter et à garantir l’efficacité de notre police municipale. Je préfère le dire clairement aux Pantinoises et aux Pantinois : la sécurité exige des décisions responsables, fondées sur la réalité du terrain.
4. Transition écologique et aménagement
Bonjour Pantin et ses voisins : Quel est l’objectif à atteindre en termes de rénovations énergétiques des bâtiments publics et des logements ?
Geoffrey Carvalhinho : Je souhaite d’abord lancer un audit technique complet de l’ensemble des bâtiments publics de la ville. Un tel travail n’a jamais été mené à Pantin. Il permettra d’identifier précisément les équipements les plus énergivores, et ses résultats seront rendus publics afin que chacun puisse mesurer l’état réel de notre patrimoine communal.
La priorité ira aux écoles, qui devront être adaptées aux conditions climatiques des décennies à venir. Nous devons préparer dès aujourd’hui la ville au climat de 2050. Il n’est pas acceptable que certains bâtiments municipaux, comme le centre administratif de la mairie, demeurent des passoires thermiques.
Concernant le logement social, Pantin accuse un retard important en matière de rénovation. Or le logement social constitue le patrimoine de celles et ceux qui n’en possèdent pas. Il doit donc être entretenu et modernisé avec la même exigence que n’importe quel autre habitat. Je serai particulièrement mobilisé auprès des bailleurs sociaux et de l’ANRU pour accélérer ces rénovations.
Enfin, je souhaite créer un dispositif municipal, que j’appellerai « Pantin Rénov », afin d’accompagner les propriétaires privés dans leurs travaux de rénovation énergétique. Le principal obstacle n’est pas toujours la volonté, mais la capacité à avancer les frais. La Ville doit pouvoir jouer un rôle d’appui, en facilitant l’ingénierie des dossiers et en aidant à lever ces freins financiers.
Bonjour Pantin et ses voisins : Comment comptez-vous végétaliser Pantin ?
Geoffrey Carvalhinho : Mon objectif est d’ouvrir au minimum cinq nouveaux espaces verts, répartis dans cinq quartiers de la ville. Les habitants expriment une attente simple : pouvoir respirer et bénéficier d’espaces apaisés, accessibles à proximité de chez eux.
Cela implique également d’améliorer la qualité des espaces existants, comme le square Vaucanson. Un parc largement minéralisé, où le bitume domine, ne correspond plus aux exigences d’aujourd’hui. Nous devons engager une démarche de désimperméabilisation et de végétalisation afin de rendre ces lieux réellement agréables et adaptés aux enjeux climatiques.
Je porte également une proposition majeure : préserver le site de la Cité Fertile. À ce stade, son devenir apparaît compromis et le lieu pourrait disparaître lors du prochain mandat si aucune décision forte n’est prise. Je souhaite au contraire maintenir cet espace, qui témoigne de l’histoire industrielle locale, et lui donner une vocation durable.
Mon intention est d’envisager une reprise publique du site afin d’y développer un projet structurant : une ferme pédagogique, des activités éducatives et environnementales, et plus largement un espace consacré à la transition écologique. La Cité Fertile pourrait ainsi devenir un véritable pôle environnemental pour Pantin, ouvert aux habitants, aux écoles et aux associations.
Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions en termes de mobilités douces ? Pourquoi la gratuité pour les moins de 12 ans ?
Geoffrey Carvalhinho : La priorité, pour moi, est d’obtenir le retour du bus 170 à Hoche. Lorsque sa suppression a été décidée, je m’y suis opposé, contrairement à tous les élus de la majorité municipale. Aujourd’hui, j’ai obtenu un engagement clair de la présidente de Région : si je suis élu maire, cette ligne pourra être rétablie rapidement à Hoche.
Je souhaite également renforcer la fréquence du bus 330, avec un passage tous les quarts d’heure, afin d’améliorer concrètement les déplacements du quotidien.
Concernant les transports des plus jeunes, l’abonnement annuel pour les moins de 12 ans représente environ 25 euros pour les familles. C’est un coût modeste, mais il peut peser pour certains foyers. Je considère que la ville doit en prendre la charge. J’en ai évalué le budget : c’est une mesure simple, concrète, qui agit directement en faveur du pouvoir d’achat.
Je veux aussi développer des pistes cyclables réellement sécurisées, tout en veillant à rééquilibrer l’espace public en faveur des piétons. L’objectif est clair : organiser un apaisement global des mobilités, afin que chacun puisse circuler sereinement, quel que soit son mode de déplacement.
Bonjour Pantin et ses voisins : La propreté figure en bonne place dans votre programme, qu’est-ce que vous comptez mettre en place ?
Geoffrey Carvalhinho : La question de la propreté revient systématiquement dans les échanges avec les habitants. Elle constitue une attente forte et légitime. Pantin doit retrouver un niveau d’entretien à la hauteur de ses ambitions.
Cela suppose d’abord d’obtenir d’Est Ensemble une amélioration réelle de la collecte et du traitement des déchets. La ville devra défendre fermement les intérêts de ses habitants pour obtenir un service plus efficace.
Je veux que Pantin soit une ville propre à toute heure. Nos agents municipaux accomplissent un travail remarquable, mais l’organisation actuelle repose aussi sur des prestataires privés sur lesquels la collectivité dispose de peu de leviers. Je souhaite donc réexaminer l’ensemble du dispositif, y compris la question d’un retour en régie pour certaines missions si cela s’avère plus efficace.
Par ailleurs, la lutte contre les dépôts sauvages doit être renforcée, avec des sanctions dissuasives et une action coordonnée sur le terrain.
Une ville propre n’est pas seulement une question d’esthétique : c’est une question de respect, de fierté collective et de dignité pour les Pantinoises et les Pantinois.
5. Politique culturelle et inclusion
Bonjour Pantin et ses voisins : Comment garantir une vie culturelle importante malgré les baisses de subventions ?
Geoffrey Carvalhinho : La culture doit être accessible à tous : elle constitue l’un des leviers majeurs de l’émancipation et de la réussite. La Région Île-de-France demeure fortement engagée en la matière et a maintenu son niveau de soutien aux équipements et aux projets culturels.
À Pantin, nous sommes toutefois limités par l’absence d’une salle de spectacle de capacité suffisante. Sans équipement pouvant accueillir plus de 500 spectateurs, la ville ne peut recevoir de grandes productions ni des artistes de premier plan. Il est donc nécessaire de doter Pantin d’un lieu culturel à la hauteur de son dynamisme et de sa population.
Je souhaite également mettre en place une mesure simple pour favoriser l’accès à la culture : le remboursement des frais de transport pour les Pantinoises et les Pantinois se rendant, chaque premier dimanche du mois, dans les musées nationaux gratuits. L’objectif est clair : permettre à chacun d’accéder plus facilement aux grands établissements culturels, qu’il s’agisse du Louvre ou le musée d’Orsay.
La culture ne doit pas être réservée à quelques-uns ; elle doit être pleinement ouverte à tous les habitants.
Bonjour Pantin et ses voisins : Que proposez-vous pour le Ventre de la baleine et le théâtre des Loges ?
Geoffrey Carvalhinho : Au conseil municipal, j’ai été le seul à défendre clairement ces lieux culturels lorsque leur avenir a été fragilisé. Le Théâtre des Loges constitue un élément du patrimoine local et il doit rester implanté aux Sept-Arpents. Ces espaces participent pleinement de l’identité culturelle de Pantin et de sa vitalité artistique.
S’agissant du Ventre de la Baleine, je souhaite que nous trouvions une solution pérenne permettant aux artistes d’y poursuivre leur activité à des conditions accessibles. Soutenir la création, c’est aussi garantir des lieux de travail adaptés et abordables.
Je crois également que ces structures doivent être davantage intégrées à la vie de la ville, notamment en développant leur présence dans les temps périscolaires. Les artistes peuvent contribuer à l’éveil culturel des enfants et à la transmission artistique.
Préserver ces lieux, c’est préserver une part essentielle de l’âme de Pantin.
Bonjour Pantin et ses voisins : Que proposez-vous pour aider les parents à trouver des solutions de garde ?
Geoffrey Carvalhinho : Aujourd’hui, le taux de couverture en places d’accueil de la petite enfance se situe entre 38 % et 42 %. Ce niveau reste insuffisant au regard des besoins des familles. La priorité doit être d’augmenter concrètement le nombre de places disponibles.
La municipalité actuelle envisage de racheter deux crèches départementales pour un montant d’environ cinq millions d’euros. Pour ma part, je propose une autre approche : demander au Département de conserver ces équipements et consacrer ces moyens financiers à la création de nouvelles places d’accueil. L’enjeu n’est pas de déplacer l’existant, mais d’élargir l’offre.
Mon objectif est d’atteindre un taux de couverture de 70 % à l’horizon 2032, afin de répondre réellement aux besoins des parents.
Cela suppose aussi de développer des solutions de garde plus souples et innovantes, avec des amplitudes horaires adaptées aux réalités professionnelles d’aujourd’hui, notamment pour les familles monoparentales. Permettre aux parents, et en particulier aux mères seules, de reprendre une activité professionnelle passe d’abord par un accès fiable à des modes de garde.
Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions pour les seniors ?
Geoffrey Carvalhinho : Nos aînés constituent une part essentielle de la mémoire et de l’identité de la ville. Ils doivent être pleinement considérés dans l’action municipale.
Je souhaite notamment rétablir le repas de printemps qui leur a été retiré, car ces moments de convivialité participent au lien social et à la reconnaissance qui leur est due. Il convient également de diversifier l’offre d’activités et de séjours afin de répondre à la diversité de leurs attentes.
Adapter la ville au vieillissement de la population, c’est aussi veiller à la qualité de l’espace public : entretenir les trottoirs, faciliter les déplacements et garantir une tranquillité réelle dans l’espace urbain. Chacun doit pouvoir sortir le soir sans crainte et continuer à vivre pleinement dans son quartier.
Bonjour Pantin et ses voisins : Quel serait le fonctionnement de la mutuelle de santé et l’assurance habitation municipales ?
Geoffrey Carvalhinho : Je souhaite que la Ville prenne l’initiative d’engager des discussions avec des assureurs afin de négocier des contrats collectifs à des conditions avantageuses pour les habitants. Plusieurs communes ont déjà mis en place ce type de dispositif depuis de nombreuses années, avec des résultats concrets.
Une telle démarche peut permettre de réduire significativement le coût des assurances, parfois jusqu’à 30 %, tout en améliorant le suivi des sinistres et la qualité de l’accompagnement des assurés.
C’est une mesure pragmatique, qui agit directement en faveur du pouvoir d’achat et qui illustre ce que peut être une municipalité attentive aux dépenses du quotidien des habitants.
6. Démocratie et gouvernance
Bonjour Pantin et ses voisins : Quel type de maire vous serez ? Quelle sera votre stratégie de concertation avec les Pantinois ?
Geoffrey Carvalhinho : Je souhaite être un maire accessible, disponible et pleinement à l’écoute des habitants. Mon bureau sera ouvert aux Pantinoises et aux Pantinois, car la proximité n’est pas un slogan, c’est une méthode de travail.
Je mettrai en place des permanences régulières d’élus sur les marchés de la ville, y compris le week-end, afin de maintenir un contact direct avec les habitants. Je souhaite également organiser, chaque semaine, des rencontres dans les maisons de quartier, sous la forme de rendez-vous ouverts avec le maire. L’objectif est simple : permettre à chacun de pouvoir s’exprimer directement et être entendu.
Cette présence de terrain s’inscrit dans la continuité de mon engagement actuel. Même dans l’opposition, et en parallèle de mon activité professionnelle, je suis resté constamment au contact des habitants. Je poursuivrai cette exigence de proximité dans l’exercice des responsabilités municipales.
Je veux également faire de la transparence un principe structurant de l’action publique locale. Dès le début du mandat, je lancerai des audits sur la gestion municipale, sur Pantin Habitat ainsi que sur les structures satellites liées à la ville. Les habitants ont droit à une information claire sur la manière dont sont utilisés les moyens publics.
Je proposerai au conseil municipal l’adoption d’une charte éthique renforcée pour les élus, incluant la publication des frais et des engagements de transparence. Je souhaite également engager la ville dans une démarche conforme aux standards internationaux de prévention de la corruption, inspirée de la norme ISO 37001, afin de garantir l’intégrité des décisions publiques. Une telle démarche protège les agents, sécurise les élus et renforce la confiance des habitants.
Être maire, pour moi, c’est conjuguer disponibilité, écoute et exemplarité, afin de conduire l’action municipale avec clarté, responsabilité et respect des habitants..
Bonjour Pantin et ses voisins : Pantin n’est pas une île. Quelle sera votre stratégie pour peser face à l’État, la Métropole ou Est Ensemble ?
Geoffrey Carvalhinho : Je suis déjà conseiller régional et, à ce titre, j’ai pu contribuer à l’obtention de financements conséquents pour la ville auprès de la Région Île-de-France. La Métropole constitue également un levier important.
En revanche, s’agissant d’Est Ensemble, il faudra savoir peser davantage, car ses compétences ont un impact direct sur la vie quotidienne des habitants.
Je pense notamment à la collecte des déchets, à l’ouverture des bibliothèques le dimanche ou encore à la réouverture du bassin Maurice-Baquet. Sur ces sujets, la Ville devra se montrer déterminée afin d’obtenir un niveau de service à la hauteur des attentes. Les Pantinoises et les Pantinois ont droit à des services publics efficaces, et il appartient au maire de les défendre auprès de l’intercommunalité.
Avec l’État, je porterai un discours clair et exigeant. Lorsque certaines décisions donnent le sentiment d’éloigner ou de cloisonner nos territoires — comme le mur du passage Forceval — il faut pouvoir en mesurer les conséquences et défendre l’intérêt des habitants. Il en va de même pour la sécurité, qui nécessite des moyens supplémentaires, ou pour l’accélération des projets de rénovation urbaine menés avec l’ANRU.
Auprès du Département de la Seine-Saint-Denis, je veillerai également à faire avancer les projets structurants dont il assure la maîtrise d’ouvrage, comme le futur Tzen3. Pantin mérite des aménagements de qualité. Je souhaite que les transformations urbaines s’inscrivent dans une exigence architecturale et paysagère réelle, notamment sur des axes majeurs comme l’avenue Jean-Lolive.
Sur le dossier des crèches départementales, je plaiderai pour qu’ils gardent la compétence. Cela servira à augmenter concrètement l’offre de garde, afin de faire de Pantin une référence en matière d’accueil de la petite enfance en Seine-Saint-Denis.
Être maire, pour moi, c’est ne jamais rester isolé. C’est aller chercher les financements, défendre les intérêts de la ville auprès de chaque partenaire institutionnel et agir toujours avec une seule boussole : l’intérêt des Pantinois. Le rôle d’un maire est de rassembler et de porter des solutions locales, sans importer dans la gestion municipale les divisions du débat national.
Bonjour Pantin et ses voisins : Est-ce qu’il y a une thématique qu’on aurait oubliée et que vous voudriez présenter ?
Geoffrey Carvalhinho : Une thématique à laquelle je souhaite accorder une place centrale est celle du handicap. Elle fera l’objet d’un volet important dans mon projet municipal. Je constate que ce sujet est encore trop peu présent dans les débats locaux, alors qu’il touche directement la vie quotidienne de nombreux habitants. J’ai d’ailleurs regretté qu’il n’ait pas été abordé lors du débat organisé entre les candidats (débat le dimanche 22 février organisé par Têtes Grêlées) .
Pour moi, la manière dont une ville prend en compte les personnes en situation de handicap révèle sa conception de l’action publique. Faciliter l’accessibilité, adapter les équipements, simplifier les démarches et accompagner les parcours de vie ne sont pas des politiques secondaires : elles traduisent le respect que l’on porte à chaque habitant.
Je souhaite que cette question irrigue l’ensemble des décisions municipales. Elle ne doit pas être cantonnée à un dispositif spécifique, mais intégrée à toutes les politiques publiques, qu’il s’agisse d’urbanisme, de mobilité, de culture ou de services.
Je m’appuierai d’ailleurs sur des personnes directement concernées, qui participeront à l’élaboration et au suivi de ces politiques au sein de l’équipe municipale. Mon ambition est claire : faire de Pantin une ville plus accessible, plus ouverte et pleinement inclusive.
Bonjour Pantin et ses voisins : Quel est votre mot de la fin ? Pourquoi aller voter pour vous le 15 mars et le 22 mars ?
Geoffrey Carvalhinho : Depuis 2014, j’ai l’honneur de siéger au conseil municipal de Pantin, où j’exerce les responsabilités de chef de l’opposition. Durant ces années, j’ai tenu une ligne constante : dire les choses avec clarté, formuler des propositions concrètes et, en tant que conseiller régional, contribuer à mobiliser des financements utiles pour la commune.
Aujourd’hui, je me sens prêt à assumer les responsabilités de maire, car je crois que Pantin a besoin de retrouver de la sérénité, une véritable tranquillité publique, des espaces de respiration et une gestion qui protège les habitants d’une hausse d’impôts. La ville doit mieux répondre aux besoins des familles, des aînés et de tous ceux qui y vivent au quotidien.
Mon objectif est simple : améliorer concrètement la vie des Pantinoises et des Pantinois.
L’échéance du dimanche 15 mars sera déterminante. Elle peut ouvrir une nouvelle étape pour Pantin, fondée sur une vision claire, une parole tenue et une action sincère en conservant ce qui a été bien fait. Les habitants doivent pouvoir compter sur un maire accessible, disponible, à l’écoute et pleinement engagé à défendre leurs intérêts.
