Interview de Thomas Bardoux, candidat de la liste Faire mieux pour Pantin aux élections municipales de Pantin

par pierre

Dans le cadre des élections municipales de Pantin, nous avons interviewé les 5 têtes de liste pour en savoir plus sur leur parcours et leur programme. Les interviews ont été réalisées en physique la semaine du 23 février, les questions ont été partagées aux candidat(e)s à l’avance et ils ont eu un droit de relecture.

Pour suivre la campagne et les interviews des autres candidat(e)s, rendez-vous sur notre rubrique Municipales 2026 et suivez nous sur Instagram.


1. Parcours et engagement politique

Bonjour Pantin et ses voisins : Thomas Bardoux, pourquoi vous êtes-vous engagé en politique et quelle est votre histoire avec Pantin ?

Thomas Bardoux : Je me suis engagé d’abord comme militant au sein de la France insoumise en 2021. Je fais partie d’une génération qui a profondément été marquée par différentes crises : la violence sociale qui a explosé du fait des politiques macronistes — qui ont plongé près de 1,2 million de personnes en plus dans la pauvreté entre 2017 et 2023 —, les violences policières, la banalisation des discours racistes et de l’extrême droite, mais aussi la crise écologique, avec le changement climatique qui impacte violemment notre quotidien.

Moi, je suis un jeune homme, issu d’une ville populaire comme Pantin, un jeune homme racisé, un jeune homme qui travaille et qui poursuit ses études. On vit tout cela directement dans sa chair et on ne peut pas laisser faire. Et justement, je me suis engagé pour transformer cette société. J’ai pu participer aux mobilisations contre la réforme des retraites, contre les violences policières, aux marches climat, au mouvement contre Parcoursup, et à chaque fois j’y ai trouvé la France Insoumise. Et pour moi c’est le mouvement qui portait au mieux ces causes, voire le seul à les porter. L’engagement politique était donc pour moi tout à fait logique, justement pour poursuivre cette transformation de la société, convaincre une majorité, exercer le pouvoir et améliorer concrètement la vie des gens. C’est ce que nous voulons faire.

Moi, mon histoire, c’est celle d’un enfant de la Seine-Saint-Denis qui est issu d’une famille qui est en Seine-Saint-Denis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je suis né, j’ai grandi et j’ai fait toute ma scolarité et mes expériences professionnelles à Pantin. D’abord comme animateur, comme serveur, comme plongeur dans un restaurant. Aujourd’hui, je travaille comme agent d’accueil et je suis une formation pour devenir enseignant en histoire. Je suis profondément attaché à cette ville, je veux continuer à y vivre et je veux que toutes celles et ceux que je connais, que tous les pantinois et les pantinoises, puissent aussi continuer à y vivre, et y vivre mieux. Voilà pourquoi j’ai choisi de m’engager pour cette élection municipale.

Bonjour Pantin et ses voisins : Dans un contexte de défiance généralisée envers les politiques et de polarisation extrême de la vie publique, quel est le rôle d’un maire selon vous ?

Thomas Bardoux : Pour moi, le premier rôle d’un maire, c’est d’abord celui d’être un interlocuteur de proximité, toujours à l’écoute quotidienne des difficultés, des revendications, des besoins de ses concitoyens. C’est aussi d’être toujours ouvert à l’échange et au dialogue parce qu’il est bien souvent le premier élu que les habitants identifient et parfois même le seul. J’estime que dans ce sens, il y a un lien étroit à avoir avec les habitants. Ce lien a tendance à se perdre avec la municipalité sortante. Le maire et ses élus ont pris une posture beaucoup trop distante, sans doute du fait de l’usure du pouvoir, après 25 ans aux manettes.

A mes yeux, le maire est aussi un porte-parole et je veux reprendre cette fonction tribunicienne qui permet de ramener, de mettre au débat les problèmes, de mobiliser la population, et de construire un rapport de force avec les institutions dont les choix se font souvent au détriment de notre ville. C’est d’une importance cruciale, a fortiori à Pantin, une ville populaire qui souffre d’un manque d’investissement de l’État, et où beaucoup d’habitants connaissent la précarité. Il me semble que là aussi, le maire et la gestion municipale sortante sont devenus trop distants ou trop timides, comme si la ville devait se borner à montrer une image de réussite sur papier glacé.

En cela, un maire doit être aussi l’organisateur de la participation citoyenne. Comme maire, je ne veux pas me contenter d’une élection tous les six ans et de quelques « bonjour monsieur le maire » une fois par an. Je suis convaincu qu’il faut en finir avec une gestion d’un autre temps où un maire tout puissant et quelques collaborateurs de cabinet décident seuls avec une gestion verticale. Ça ne peut conduire qu’à des incompréhensions ou à des erreurs. Les Pantinois sont engagés dans d’innombrables initiatives citoyennes et associations. Ils ont une soif légitime de débattre, de s’impliquer, de décider. Rien ne peut être fait sans eux. Tout sera mieux avec eux. Dans ce sens, justement, je mettrai en place de nouveaux outils de démocratie participative, comme le RIC, l’installation de vrais conseils de quartier et une carte citoyenne à l’échelle de Pantin, ouverte à toutes les habitantes et habitants dès 16 ans, sans condition de nationalité, pour permettre à toutes et tous de s’impliquer, et de décider.

Et enfin, moi je pense qu’un maire doit être un employeur exemplaire. Je ne veux pas oublier cette question parce que notre ville compte de nombreux agents communaux qui dénoncent l’absence des élus et un management abandonné à des logiques qui sont technocratiques, un manque de dialogue social et une souffrance au travail importante. Il est temps que cela change parce que l’action de la ville n’est possible que grâce à ses agents.


2. Logement et inégalité

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment rééquilibrer Pantin, qui subit un développement à plusieurs vitesses avec un triangle d’or très demandé et d’autres quartiers qui le sont moins ?

Thomas Bardoux : Je m’oppose à la logique d’une ville à deux vitesses, où malheureusement les inégalités se creusent. Cet objectif est au cœur de mon engagement et du programme que je porte. Pour d’abord rééquilibrer la ville, il est bien sûr question du logement, tant social que privé. Mais on ne peut pas se limiter à ça. Tout d’abord, pour moi, il y a des priorités qu’on doit donner à l’action municipale. Dans chacun des domaines de l’action et d’investissement, je veux apporter une attention particulière aux quartiers délaissés. Je pense notamment aux Courtillières, aux Quatre Chemins, mais aussi aux Pommiers et au Petit Pantin. Tous sont enclavés, délaissés d’un point de vue des commerces ou des activités. Cela doit changer.

Ainsi, par exemple, nous avons prévu de placer des grands projets précisément dans ces quartiers, avec une antenne de police municipale aux Quatre Chemins, une maison de l’égalité LGBTI au Petit Pantin, et une véritable mairie annexe aux Courtillières. Pour nous, la refonte des transports, c’est aussi un levier qui est important pour désenclaver les quartiers et permettre à leurs habitants de profiter de toute la ville.

J’aurais aussi comme priorité de renforcer la desserte de tous les quartiers, notamment la fréquence du passage des bus 330, du 249, la desserte du 170 à Hoche et la création effective d’une ligne nord-sud qui reliera la mairie, les Quatre Chemins et les Courtillières. Et la même chose pour les mobilités douces en aménageant 15 km de pistes cyclables séparées de la circulation automobile et en triplant le nombre de places de stationnement de vélo.

Il faut aussi développer l’offre commerciale de qualité pour équilibrer les quartiers. Pour nous, il n’est pas acceptable que celle-ci se concentre dans le centre-ville. Pour rééquilibrer cette situation, nous ouvrirons notamment des épiceries municipales solidaires à prix raisonnable dans chaque quartier et avec une première le plus rapidement possible aux Courtillières.

Bonjour Pantin et ses voisins : L’immobilier a fortement augmenté, cette tendance est-elle inexorable ? Que proposez-vous pour endiguer la flambée des prix, notamment en termes d’encadrement des loyers ? On sait que cette mesure n’est pas respectée par de nombreux propriétaires…

Thomas Bardoux : La flambée des prix à l’achat et à la location, en somme, la spéculation immobilière, ce n’est pas une fatalité. Des leviers existent pour changer les choses. Le bilan de l’application de l’encadrement des loyers est aujourd’hui très mauvais. Sur Est Ensemble, on a presque 40% des annonces qui ne respectent pas l’encadrement des loyers. Et cette part ne cesse d’augmenter. L’information, les contrôles, les sanctions, sont insuffisantes. L’intercommunalité et la municipalité de Pantin ne sont manifestement pas assez volontaires en la matière.

Je veux agir à l’échelle de Pantin pour mettre un terme à cette situation en créant une brigade du droit au logement. Cela consiste à augmenter le nombre d’agents pour informer et accompagner les locataires sur leurs droits et contrôler la stricte application de l’encadrement des loyers. Il faut aussi durcir les sanctions. Je veux aussi lutter contre les abus dans la location de meublés touristiques des types Airbnb qui ont pour effet de retirer des logements du marché locatif. On va renforcer les contrôles, appliquer des sanctions et limiter le phénomène en fixant là où c’est possible des zones réservées aux résidences principales et en définissant un quota maximum de logements en location touristique à Pantin.

Bonjour Pantin et ses voisins : La part de logements sociaux à Pantin est de 40 %, pourtant des milliers de personnes attendent. Qu’est-ce que vous ferez pour résoudre ce problème ? La construction est-elle compatible avec l’envie de végétaliser ?

Thomas Bardoux : Agir sur le secteur privé, comme je le propose, est aussi un moyen de soulager la demande de logement social, car le logement privé redevient davantage accessible. Ensuite, l’enjeu, c’est de prioriser au sein de nouveaux programmes de construction la part de logements réellement sociaux, accessibles à la grande partie des demandeurs pantinois. Je veux garantir que 50% ou plus des nouveaux logements qui seront construits soient des logements qui soient réellement sociaux. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, par exemple au sein du futur écoquartier Grand Quatre Chemins.

Enfin, je partage la conviction que la construction et la bétonisation à l’infini ne sont pas un horizon souhaitable dans une ville qui souffre déjà du manque d’espace vert — neuf fois moins que la moyenne des villes avec 5,7 mètres carrés par habitant. Construire à neuf n’est pas le seul levier pour créer du logement social. La municipalité doit pouvoir utiliser le droit de préemption. Il faut aussi étudier la possibilité d’utiliser la procédure d’expropriation, notamment dans le cas d’immeubles insalubres ou face aux marchands de sommeil.


3. Sécurité

Bonjour Pantin et ses voisins : La question de la sécurité revient beaucoup, notamment concernant le quartier des 4 chemins. Quelles sont vos propositions phares ?

Thomas Bardoux : La sécurité ou tout simplement la tranquillité publique est une question importante et nous avons l’ambition d’y répondre parce qu’elle préoccupe légitimement les habitants. Nous avons le devoir de ne pas laisser le champ libre aux propositions de droite qui sont inefficaces et dangereuses. Nos solutions sont partout et toujours l’humain, la prévention, la proximité. L’augmentation des moyens de la police municipale pour qu’elle puisse être davantage présente au quotidien. La création d’une antenne de police municipale aux Quatre Chemins et le renforcement des dispositifs de prévention par le recrutement d’éducateurs et de médiateurs de rue. Et bien sûr, l’ouverture d’un dialogue plus large et permanent avec les citoyens à travers la transformation du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance en lieu de concertation ouverte.

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment concrètement lutter contre les incivilités et le harcèlement sexiste ? Qu’entendez-vous par cette “police municipale de proximité” et quelle différence avec aujourd’hui ?

Thomas Bardoux : Je ferai de Pantin une ville exemplaire dans la lutte contre toutes les formes de harcèlement et de discrimination dans l’espace public : sexiste, LGBTIphobe, raciste, validiste. Les moyens sont multiples. Pour prévenir d’abord, autour de campagnes de sensibilisation et de formation, en lien avec les associations de personnes concernées, dans les établissements scolaires, les centre de loisir, les CMS, auprès des agents de la ville. Pour aider les victimes ensuite, avec un affichage public permanent public pour informer les personnes concernées sur leurs droits, l’ouverture d’une permanence pour l’accueil et l’accompagnement des victimes. Et, en tant que maire, je me constituerais partie civile lors de tout dépôt de plainte d’une victime pour discrimination. Sur le harcèlement sexiste dans la rue, j’engagerais aussi une action spécifique sur l’aménagement urbain pour qu’il soit inclusif et sûr : un éclairage public plus sûr et un mobilier urbain adapté en concertation avec les associations et les habitantes.

Une police municipale de proximité, c’est d’abord une police dont on augmente autant que possible les effectifs. Il faut atteindre au moins cinquante policiers municipaux à la fin du mandat. C’est ensuite une police qui a des points d’ancrage dans les endroits sensibles — je propose de commencer par l’ouverture d’une antenne aux Quatre Chemins. C’est aussi une police qui travaille en lien étroit avec les médiateurs, éducateurs et assistants sociaux. Et c’est enfin une police bien formée pour intervenir sur des problématiques spécifiques : la santé mentale, les addictions et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment lutter contre les trafics (cigarettes, drogue) qui deviennent visibles dans l’espace public ?

Thomas Bardoux : Il faut être honnête et donc modeste. La lutte contre les trafics revient en premier lieu à l’État, car elle repose sur un travail d’investigation qui relève de la police judiciaire pour démanteler les filières. Cependant, un maire peut et doit agir à son échelle. D’abord en se mobilisant pour exiger l’augmentation des moyens de l’État dans notre ville et dans notre département, car nous souffrons d’une sous-dotation de longue date. En tant que maire, j’effectuerai ce travail de politisation, de mobilisation, de plaidoyer. Ensuite, je lutterai au quotidien contre la présence de ces trafics, en bonne intelligence avec la police nationale. Cest précisément pour cela que nous proposons de renforcer les moyens humains de la police municipale et les dispositifs de prévention.

Bonjour Pantin et ses voisins : Votre adversaire propose d’armer la police municipale. Est-ce une piste à explorer ? Et quid de la vidéosurveillance ?

Thomas Bardoux : L’armement létal de la police municipale est une proposition qui est démagogique. Ce n’est ni utile, ni souhaitable, ni sérieux. Ce n’est pas d’armes dont nous avons besoin, pas d’une escalade, mais au contraire d’une présence humaine au quotidien. La police municipale n’a pas à disposer d’armes létales. Son rôle n’est pas d’intervenir en cas de confrontation violente et elle n’est pas formée pour cela. Cette mission est celle de la police nationale. Il suffit par exemple de regarder la ville voisine d’Aubervilliers : la maire a investi des ressources considérables pour armer sa police pour un résultat nul. Est-ce que la situation est meilleure qu’à Pantin ? Chacun sait que c’est faux.

Et concernant la vidéosurveillance, là encore, je suis opposé à la démagogie. Elle peut être utile a posteriori pour identifier les auteurs. En revanche, toutes les études démontrent qu’elle n’a que très peu d’impact pour prévenir des délits. Nice est la ville la plus vidéosurveillée de France et pourtant la criminalité y augmente. En faire une priorité est une erreur. Nous proposons donc de ne pas investir aveuglément et d’instaurer un moratoire sur l’installation de nouvelles caméras pour faire le bilan sur leur efficacité et leur coût. Distinguer ce qui marche et ce qui ne marche pas. Une approche rationnelle et mesurée.


4. Transition écologique et aménagement

Bonjour Pantin et ses voisins : Quel est l’objectif à atteindre pour la fin de votre mandat en termes de rénovations énergétiques des bâtiments publics ? Quid des logements sociaux ?

Thomas Bardoux : Nous lancerons un grand état des lieux des bâtiments publics et des logements sociaux en début de mandat, avec pour objectif d’entreprendre la rénovation de l’ensemble. On développera aussi un service d’accompagnement des particuliers pour la rénovation thermique de leurs logements. Et nous doterons la totalité des logements HLM et des bâtiments publics d’un chauffage avec des solutions énergétiques alternatives : pompes à chaleur, géothermie, biomasse. Enfin, nous renforcerons la justice énergétique en mobilisant le pouvoir de négociation des bailleurs sociaux pour obtenir des tarifs sociaux renforcés.

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment faire en sorte que la ville soit plus sobre énergétiquement ? Comment réduire les déchets ?

Thomas Bardoux : Cela va de pair avec la rénovation énergétique. On travaillera avec l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pour compenser un plan de sobriété. L’ADEME pourra aussi nous accompagner dans un plan de réduction des déchets et pour la démarche zéro déchet qu’on veut entreprendre, en luttant contre le plastique et le gaspillage alimentaire. On valorisera les déchets organiques de la restauration et on développera des consignes. Aussi, nous remettrons en place une ressourcerie municipale et développerons l’économie circulaire à travers des centres de valorisation dans la ville, comme des ateliers de réparation et des déchetteries.

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment travailler sur l’accès à l’eau qui figure dans votre programme ?

Thomas Bardoux : Face aux tensions croissantes sur l’approvisionnement et aux arrêtés préfectoraux, nous nous engagerons à Pantin pour une gestion écologique et sobre de l’eau en réservant l’eau potable aux usages essentiels chaque fois que cela est possible. Nous agirons également activement contre les réseaux de distribution vieillissants, qui sont aujourd’hui à l’origine de fuites responsables du gaspillage de 95 litres d’eau par personne et par an en Ile-de-France. Nous défendrons l’eau comme un bien commun à protéger en gestion publique. C’est un droit fondamental et un pilier d’une ville résiliente et solidaire.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions en termes de mobilités douces et de transports en commun ?

Thomas Bardoux : Nos propositions passent par le fait de désenclaver les quartiers en améliorant la desserte locale : les bus 330, 249, le 170 à Hoche et la création d’une ligne nord-sud qui relie la mairie, les Quatre Chemins et les cCourtilières. On souhaite aménager 15 km de pistes cyclables bidirectionnelles en priorisant les grands axes. Un grand objectif, c’est de faire cohabiter piétons et vélos en sécurité, notamment aux abords du canal. On veut développer l’apprentissage du vélo avec un « permis vélo » à l’école. Il faut de la cohabitation. Cela fait notamment partie des missions d’une police municipale de proximité, qui soit là pour dire « attention », faire de l’éducation et de la prévention. Par exemple sur le canal, l’été, quand il y a énormément de monde, on pourrait instaurer des zones « vélos pied-à-terre » au niveau des péniches festives pour faciliter l’espace.


5. Politique culturelle et inclusion

Bonjour Pantin et ses voisins : Comment garantir une vie culturelle importante alors que les subventions subissent d’énormes baisses ? Quelle marge de manœuvre face à la Région et l’État ?

Thomas Bardoux : C’est justement parce que l’État et la région font des coupes budgétaires qu’il faut être au rendez-vous. La ville, elle seule, ne pourra pas tout prendre en charge, mais on doit justement redoubler notre engagement. Notamment en assumant le rôle politique du maire et en dénonçant la destruction du service public de la culture et son instrumentalisation. Il faut assumer l’importance d’une politique culturelle émancipatrice, soutenir les artistes pantinois, notamment émergents, et développer des propositions culturelles de proximité.

Bonjour Pantin et ses voisins : La mairie est en bisbille avec le Ventre de la baleine et le théâtre des Loges : quelles sont vos propositions pour ces lieux ?

Thomas Bardoux : En l’état actuel des choses, ces lieux ne sont pas appelés à être réhabilités, ils sont appelés à être détruits, dans un projet d’urbanisme voulu par le maire et l’équipe sortante, à laquelle appartient son premier adjoint, également candidat. C’est une illustration concrète de la verticalité dans l’exercice du pouvoir de la majorité sortante et du simulacre de concertation derrière lequel elle se cache. Je ne peux pas l’accepter. Le ventre de la baleine est un vaste espace de création unique dans le 93. Le théâtre des loges est installé dans un des derniers lavoirs ouvriers de Seine-Saint-Denis. Ces deux lieux ne peuvent être aveuglément détruits. Nous soutenons leurs occupants depuis plus d’un an, et travaillerons avec eux pour porter un projet de pérennisation et de valorisation. Ils y sont prêts.

Bonjour Pantin et ses voisins : Qu’est-ce que la “démocratisation culturelle” ? Et quel est le principe de la “carte culture” ?

Thomas Bardoux : La démocratisation culturelle, c’est un combat historique de la gauche, pour que les arts soient présents dans la vie de tous les citoyens. Pas uniquement les plus riches. Nous pensons que la Commune est l’échelon principal pour cette ambition. Et que Pantin a les ressources pour la concrétiser, en s’appuyant sur son tissu particulièrement riche. C’est dans cet esprit que nous mettrons en place un plan pour garantir un enseignement et une pratique artistique à tous les enfants de la ville, en lien avec tous les acteurs culturels pantinois.

La Carte Culture, c’est la mise en application du combat pour la gratuité. Il s’agira d’un nombre donné d’activités culturelles à Pantin gratuites pour tous les habitants chaque année, des cours de pratique artistique, des spectacles, des visites, etc. À la différence du pass culture macroniste, cette carte sera fléchée sur des propositions locales, permettant de soutenir la vie culturelle et associative de Pantin. Cette carte pourra être associée à la carte citoyenne de Pantin que nous créerons pour que chaque habitant, peu importe sa nationalité, puisse participer à la vie citoyenne dès 16 ans. C’est la concrétisation du lien que nous faisons entre la culture et la citoyenneté.

Bonjour Pantin et ses voisins : Vous comptez tripler le nombre de places en crèche, comment ?

Thomas Bardoux : En effet, la petite enfance est un enjeu majeur. Pantin est une ville jeune dont le nombre d’enfants a augmenté de 10% en 10 ans. On fait face à une pénurie de places. Nous avons décidé de prendre ce sujet à bras-le-corps en fixant l’objectif du triplement du nombre de places en crèche municipale à l’horizon du mandat. D’après nos estimations, cela représenterait un peu plus de 800 places supplémentaires pour un investissement de 35 millions d’euros. C’est un choix politique. Cela passera par la construction de nouveaux établissements, l’extension de structures déjà existantes et le développement de micro-crèches insérées dans le bâti existant. Le coût sera partagé entre la mairie, la CAF et les familles avec une contribution indexée sur les revenus. Nous travaillerons étroitement avec les agent·es et des crèches municipales déjà existantes, qui souffrent actuellement d’une gestion verticale et du manque de moyens, et qui seront le pilier de notre service de la petite enfance rénové et renforcé.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions pour améliorer les conditions de vie des seniors ?

Thomas Bardoux : À Pantin, les seniors sont particulièrement actifs. Nous poursuivrons le développement des services à la personne : aide à domicile, portage de repas, voiturage. Nous développerons l’offre de logements adaptés et nous soutiendrons le lien intergénérationnel, notamment à travers les logements partagés seniors/étudiants, ainsi que les actions en faveur du lien intergénérationnel (associations, visites, soutien scolaires, aides du quotidien etc.). Finalement, adapter l’espace public aux seniors, c’est le rendre vivable et agréable pour tous : accessibilité, végétalisation pour se préparer aux changements climatiques et transports adaptés.


6. Démocratie et gouvernance

Bonjour Pantin et ses voisins : Toute une partie de votre programme se concentre sur la solidarité avec les personnes migrantes, pourquoi est-ce une priorité ?

Thomas Bardoux : Pantin doit être une terre d’accueil. Notre ville a connu ces dernières années des épisodes douloureux avec des expulsions répétées le long du canal ou dans des squats. J’estime que la municipalité n’a pas assez publiquement porté ces questions. C’est impératif. C’est une obligation éthique envers nos frères et sœurs en humanité, qui vivent et travaillent à Pantin, d’où qu’ils et elles viennent. C’est aussi être fidèle à l’histoire de Pantin, une ville populaire bâtie par des générations d’immigrés. Nous devons donc renforcer les dispositifs de solidarité et œuvrer à inclure les personnes étrangères dans la démocratie locale.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelles sont vos propositions pour plus de proximité et de concertation avec les Pantinois·es ?

Thomas Bardoux : Je veux rompre avec la gestion de la municipalité sortante, qui s’est enfermée dans une pratique trop solitaire et verticale du pouvoir. Pour cela, une part importante de notre programme est dédiée à la démocratie participative. Je veux mettre en place le référendum d’initiative citoyenne (RIC) au niveau communal et organiser des votations citoyennes annuelles sur les grands sujets de la gestion municipale. Je veux remettre sur pied de véritables conseils de quartier avec un droit d’interpellation du conseil municipal. Je veux augmenter le budget participatif pour passer de 1% aujourd’hui à au moins 10%. Enfin, je veux créer une carte citoyenne de Pantin ouverte aux personnes n’étant pas de nationalité française pour leur donner accès aux droits civiques municipaux. Ainsi, nous commencerons à appliquer au niveau de Pantin l’ouverture du droit de vote aux étrangers aux élections locales.

Bonjour Pantin et ses voisins : Quelle sera votre stratégie pour peser face aux autres institutions (État, Région, Métropole) ?

Thomas Bardoux : Pantin n’est pas une île et je suis candidat d’une formation, la France Insoumise, qui porte un programme cohérent à toutes les échelles. On ne peut pas être crédible quand on se contente de se poser comme un notable qui inscrirait son action à l’échelle d’une seule ville. Ou quand on agit de façon différente et contradictoire au niveau local et national, comme comme lorsque le Parti Socialiste fait des promesses à Pantin, mais refuse en même temps de censurer à l’Assemblée nationale un budget macroniste d’austérité, qui supprime 2 milliards d’Euros de budget pour les communes, où 4000 postes d’enseignants. Qui manqueront ensuite à Pantin. Je m’estime capable de mener de façon plus puissante le rapport de force avec les institutions, d’autant que je ne serai pas seul, puisqu’une vague de maires insoumis vont remporter plusieurs villes dans notre département. On agira sur l’école en priorité. Sur la sécurité également, nous souffrons du manque de moyens de l’État. Je bâtirai un partenariat avec d’autres maires, par exemple avec la mairie d’Aubervilliers pour avoir un plan d’action commun sur le secteur Villette-Quatre Chemins. J’y travaille déjà avec mes camarades insoumis qui sont candidats et candidates aux élections municipales dans des villes voisines. 


Le mot de la fin

Thomas Bardoux : Pantin est à un tournant. On ne peut pas se contenter de reconduire les équipes et les idées du passé, il est urgent de changer. Nous vous proposons des idées nouvelles, une nouvelle équipe, un maire à votre écoute et à votre image. Une ville plus démocratique, plus juste, vraiment écologiste. Nous pouvons y arriver, ensemble. Avec vous. Le 15 et 22 mars prochains. Ensemble, faisons mieux pour Pantin.

Pour aller plus loin :
Compte Instagram Thomas Bardoux / La France insoumise Pantin

Interview réalisé à la Cantine du Pas si loin.

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