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Le théâtre de la Colline : le théâtre perché qui a les pieds sur terre - Bonjour Pantin et ses voisins

Le théâtre de la Colline : le théâtre perché qui a les pieds sur terre

par Partenariat

18 minutes. C’est le temps qu’il vous faut, à vélo, depuis le centre de Pantin pour gagner le théâtre de la Colline dans le XXème arrondissement de Paris. Nous voici sur les hauteurs de l’Est Parisien, à environ 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans une petite rue tranquille à l’écart de la fourmillante place Gambetta, vous ne pouvez pas manquer sa grande façade vitrée. Comme l’emblème d’une institution ouverte sur le monde. Ici, pas question d’envisager le théâtre comme un lieu de l’entre-soi, comme une tour d’ivoire réservée à quelques-uns. Et, de fait, inauguré en 1988, le théâtre de La Colline s’est donné pour mission de faire entendre les écritures contemporaines. Sur le plateau, c’est aujourd’hui qui se raconte, porté par des dramaturges vivants. Les textes des XXème et XXIème siècle sont donc à l’honneur de ce théâtre national qui a été dirigé par des personnalités majeures de la scène comme Jorge Lavelli, Alain Françon, Stéphane Braunschweig ou Wajdi Mouawad.

Depuis mars 2026, pour la première fois de son histoire, c’est une femme, la metteuse en scène Julie Deliquet, qui se trouve à la tête de l’institution. « Je ne suis pas mes prédécesseurs, explique-t-elle. J’écris donc à partir de ce qui a été fait, mais aussi avec ce que je suis, avec mes combats pour l’égalité. Le féminisme, bien sûr, mais plus largement la question des égalités : la place des femmes, la diversité, l’accessibilité ».

Julie Deliquet – © Pascal Victor

Cette nouvelle saison est donc l’occasion de découvrir une programmation composée par ses soins et ceux de l’ancien directeur, Wajdi Mouawad. Le couple, que ce soit comme dans Redemption Song qui ouvre la saison et où se confrontent une femme, Fara, et un homme, Francis, personnifiant l’Afrique et la France. Mais aussi dans Le silence, inspiré du cinéma d’Antonioni. Dans un monde en crise, les conflits occupent forcément la scène, qu’il s’agisse de la guerre en Ukraine via Amadoca ou La guerre n’a pas un visage de femme, adapté du livre de la prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch, mettant en avant ces femmes russes qui se sont engagées contre Hitler durant la Seconde guerre mondiale. Des femmes justement, il est aussi beaucoup question au cours de la saison : on parle des violences qu’elles subissent au sein de la cellule familiale comme dans L’Ange du foyer, de leur expérience de la maternité avec Orso et moi, mais aussi de leur rapport au corps comme dans Celle qui doute. Héritage des blessures intimes (La Mort du Môme), héritage politique (Le Grand Débat) ou héritage de la violence (Le serment d’Europe) constituent aussi d’autres champs explorés à La Colline cette année. De la Grèce à la Russie en passant par l’Italie ou l’Ukraine, le théâtre se veut résolument ouvert sur le monde. Et à tout le monde : des représentations « relax » sont ainsi proposées aux personnes porteuses d’un handicap psychique ou intellectuel.

La guerre n’a pas un visage de femme – © Christophe Raynaud de Lage

Et pour porter ces textes, en coulisses comme sur scène, on peut compter sur la crème du théâtre contemporain : Léonora Miano, Wajdi Mouawad ou Isabelle Lafon font ainsi partie des dramaturges programmés. Côté mise en scène, on se réjouit de retrouver l’inventivité d’une Justine Heynemann ou les dispositifs toujours inattendus de Lorraine de Sagazan. Sur le plateau, on pourra applaudir aussi bien Juliette Binoche, Reda Kateb, Elodie Bouchez que Laurent Poitrenaux.

Amadoca – ©Christophe Raynaud de Lage

Et comme le théâtre c’est du partage, avant ou après la représentation, pensez à faire un tour à la Gamelle des cheffes by Tchaktara, la cantine des lieux. L’occasion de découvrir le thali, l’une des spécialités de la cheffe, Ayesha :  un plat complet à base de riz parfumé aux épices, de beignets de légumes, de curry aux deux lentilles et d’un savoureux mélange épinard/feta. Puis il s’agira de regagner Pantin, la tête et le cœur remplis de textes qui continueront de cheminer en vous, longtemps après la représentation.

© Tuong-Vi Nguyen

Article réalisé en collaboration avec La Colline – théâtre national 🤝

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