Îlot 27 : une dénomination froide et technocratique pour désigner cet ensemble bâti que tous les Pantinois connaissent au moins de vue, tant il marque l’entrée dans la commune pour toute personne qui arrive de Paris.
Cet article correspond à la retranscription du reportage vidéo ci-dessous.
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Sur ce site qui a accueilli jusqu’aux années 60 un écheveau complexe d’entrepôts et d’habitats précaires, les acteurs publics avaient souhaité développer une opération sur dalle mêlant comme il se doit logements, commerces, bureaux et équipements publics. C’est à cette fin qu’une ZAC, zone d’aménagement concerté, est créée en 1971.
L’opération va être marquée par un certain nombre de dissensions entre les acteurs publics impliqués, mais plusieurs architectes de grand renom vont être mobilisés qui, par ailleurs, ont marqué le paysage pantinois de leur empreinte. Je pense notamment à Denis Honegger et à Jacques Kalisz.
Alors soyons honnêtes, leurs réalisations sur ce site ne sont pas forcément les plus extraordinaires qui soient, et d’autre part le site va souffrir des défauts inhérents à l’urbanisme sur dalle, avec ce côté replié sur lui-même, qui va en faire un lieu assez propice à divers trafics, ce à quoi les rénovations récentes ont essayé d’apporter des solutions.
En dépit de ce destin tourmenté, une partie de l’opération frappe par son audace. C’est le bâtiment dit des Coursives, soit quelque 300 logements sociaux, conçu par l’architecte Paul Chemetov.
D’abord, son choix de la brique apporte une touche de gaieté à travers cette couleur vive. C’est une manière aussi de faire écho à la fameuse ceinture HBM autour de Paris, et enfin de rappeler l’histoire industrielle du territoire d’une manière générale.
Quant à sa monumentalité, elle permet de marquer puissamment l’arrivée sur la commune de Pantin, de mettre en scène avec force cette vocation de logement social, et puis d’étouffer visuellement la tour Essor que vous voyez juste à côté, qui avait été inaugurée quelques années auparavant et qui avait été immédiatement décriée.
Vous avez aussi une façade courbe qui donne un petit peu plus de douceur à l’ensemble et des jeux de polychromie, de saillies, de décrochements qui viennent rompre un petit peu l’uniformité d’ensemble. Enfin, notez que les typologies à l’intérieur sont intéressantes puisqu’on trouve des duplex et même des triplex.
Au bout du compte, on aime ou on n’aime pas, mais il est certain qu’on a affaire ici à un bâtiment à l’identité et à la symbolique forte qui marque puissamment l’arrivée sur le territoire communal. Notez aussi que le street art est ici extrêmement présent et a contribué à redorer un peu l’image de cet Îlot 27.
