À Pantin, le nouveau Centre national de rugby fait le pari de la proximité et de l’émancipation

par pierre

Le stade Raoul-Montbrand entame une nouvelle vie. Mercredi 7 octobre, la Fédération française de rugby (FFR), le département de la Seine-Saint-Denis, la région Île-de-France et la ville de Pantin ont inauguré le Centre national de rugby (CNR) de Pantin. Aménagé sur un foncier historique occupé dès les années 1920 par les postiers parisiens puis par l’ASPTT jusqu’en 2017, ce complexe d’envergure nationale devient le second pôle fédéral après Marcoussis.

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Chiffré à plus de 30 millions d’euros, le projet a été conçu pour pallier le manque criant de terrains en première couronne francilienne tout en ouvrant grand les portes du ballon ovale aux quartiers populaires. « Au rugby, on ne transforme pas seulement des essais, on transforme des personnes », a rappelé Florian Grill, président de la FFR, en citant la devise inscrite au fronton du bâtiment. « Le CNR Pantin ne doit pas être une forteresse fédérale, mais exactement l’inverse : un lieu ouvert, symbole d’un rugby qui vit avec son temps au milieu de la société qui l’entoure et qui contribue à la transformer ».

Inséré au cœur du secteur en mutation des Courtillières et du Fort d’Aubervilliers, le complexe a fait l’objet d’exigences architecturales et urbaines poussées. Propriétaire du site, le Département a accordé une convention d’occupation de 70 ans à la Fédération. Stéphane Troussel, président du conseil départemental, a insisté sur cette vocation partagée : « Notre ambition, c’était aussi de redonner vie à ce site et d’en faire un lieu ouvert à son environnement, accessible aux habitantes et aux habitants, aux clubs, aux jeunes et à l’ensemble des acteurs du territoire ».

Le site héberge désormais le Rugby Olympique de Pantin (ROP) et ses 368 licenciés, les entraînements de l’AC Bobigny 93, ainsi que l’École des XV, engagée dans la lutte contre le décrochage scolaire. Les installations accueilleront aussi bien des stages des sélections tricolores que des créneaux scolaires, du handisport ou du rugby à 5. « Ce n’est pas seulement une réhabilitation, c’est une renaissance », a salué le maire de Pantin, Bertrand Kern, rappelant les débats exigeants qui ont permis de préserver des espaces largement végétalisés et des logements mixtes aux abords du complexe.

Pour le club local, qui s’apprête à fêter ses soixante ans, l’ancrage est déjà concret. « Pour une jeune fille des Courtillières, choisir le rugby, un sport peu connu à la maison, à l’image virile et avec des traditions ancrées dans un territoire très éloigné du sien, c’est déjà un acte d’émancipation », a souligné Bruno Carrère, président du ROP. Les Pantinois sont invités à découvrir leur nouvel équipement dès ce samedi après-midi à l’occasion d’une journée festive marquant l’anniversaire du club.

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