Bienvenue aux salariés qui s’installent aux Grandes Serres de Pantin !

par pierre

Cet automne, environ 2 000 salariés de SNCF Gares & Connexions, de l’AREP et de SNCF Retail & Connexions posent leurs valises à Pantin, au bord du canal de l’Ourcq. Leur nouveau bureau a une histoire : celle d’une usine de tubes d’acier devenue l’un des projets urbains les plus attendus de Seine-Saint-Denis. Les Grandes Serres ouvrent officiellement leurs portes au public le premier week-end de novembre. Voici ce qu’il faut savoir sur le lieu, son passé et ce qu’il deviendra.

Une usine de tubes au bord du canal

Vue du quai, la grande halle de brique et de métal « ne paie pas forcément de mine au premier abord », reconnaît Simon Labussière, guide-conférencier. « Mais elle est en fait tout à fait intéressante, du fait de ses dimensions, mais aussi de son histoire et de l’avenir qui lui est promis. » Ses dimensions, justement : « 160 mètres de long, excusez du peu, 25 mètres de large et 18 mètres de haut ».

Son architecture est aussi « très difficile à dater », poursuit le guide, et « beaucoup plus récente que ce qu’on pourrait croire » : elle a été construite quelques années après la Seconde Guerre mondiale. C’est la preuve que l’industrialisation de Pantin s’est poursuivie jusqu’au milieu du XXe siècle, côté Bobigny. Côté Paris, le long du canal, il n’y avait déjà plus de terrains disponibles depuis longtemps.

La halle abritait l’usine de tubes Pouchard. « Il s’agissait d’étirer des tubes en acier jusqu’à obtenir la section et la longueur désirées », explique Simon Labussière, avec des débouchés dans l’industrie automobile et dans le ferroviaire. Clin d’œil de l’histoire pour leurs nouveaux occupants. La hauteur sous charpente permettait d’installer des ponts roulants pour déplacer les tubes. Ils sont toujours là.

L’entreprise n’était pas nouvelle à Pantin : elle exploitait depuis 1927 un premier site rue du Centre, l’actuelle rue Jules-Auffret. Le site du canal est venu s’y ajouter après-guerre. En 2017, l’activité industrielle a déménagé à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne.

Juste à côté, le Théâtre du Fil de l’eau raconte la même histoire. Le bâtiment, de la fin des années 1950, était à l’origine un entrepôt de stockage et de conditionnement du riz. « Ça ne s’invente pas », sourit Simon Labussière.

De la friche au campus

Après le départ de l’usine en 2017, le site ne s’est pas endormi. Sous l’impulsion du promoteur Alios Développement, il s’est ouvert progressivement à des artistes en résidence, à des entrepreneurs et, chaque été, à une guinguette au bord de l’eau. Beaucoup de Pantinois y ont déjà leurs souvenirs.

Le projet de transformation, lui, s’étend sur environ 4 hectares. « L’idée, c’est d’imaginer un lieu dans lequel se mélangent les salariés de la SNCF, les Pantinois, les artistes et le grand public qui viendrait de Paris ou d’ailleurs », résumait en 2025 Antonia Raoux, directrice du projet chez Alios, en pleine visite de chantier.

Le parti pris est clair : garder l’âme industrielle. « On a conservé toute la structure métallique, les briques, les ponts roulants », montrait Antonia Raoux sous la grande halle, alors encore « en plein chantier ». Sa rénovation est signée par l’architecte Alain Moatti (agence Moatti-Rivière). À l’arrière, des bâtiments neufs, conçus par Leclercq Associés, s’organisent autour d’un grand jardin.

Dernière pièce du puzzle : une passerelle piétonne au-dessus du canal, « ouverte à tous pour pouvoir complètement désenclaver ce quartier », selon la directrice de projet. Elle doit relier directement le site au centre-ville et au métro Église de Pantin (ligne 5).

Ce qu’on trouve aux Grandes Serres

Les salariés de SNCF Gares & Connexions, de l’AREP et de SNCF Retail & Connexions sont les premiers à s’installer, dès l’ouverture. D’autres entreprises et des grandes écoles suivront. À terme, le site doit accueillir près de 6 500 personnes entre salariés, artistes et visiteurs.

Mais les Grandes Serres ne sont pas qu’un campus de bureaux. « On aura un grand campus qui sera très mixte », promet Antonia Raoux. Voici ce qui s’y trouve, ou s’y trouvera.

  • Une halle ouverte à tous. « Tout le rez-de-chaussée sera ouvert au public », insiste Antonia Raoux. Son immense volume accueille concerts, expositions et événements, notamment dans l’Agora et à La Scène.
  • Des comptoirs de restauration. « Différents comptoirs de restauration, très variés, avec des restaurateurs du territoire », détaille la directrice de projet. Pratique pour la pause déjeuner, et pour les soirs d’afterwork.
  • L’Académie Jaroussky. L’académie de musique classique fondée par le contre-ténor Philippe Jaroussky s’installe au rez-de-chaussée des nouveaux bâtiments. Elle forme de jeunes enfants comme de jeunes musiciens en passe de devenir professionnels.
  • Une galerie d’art. Elle sera animée par les artistes qui étaient en résidence sur le site avant les travaux et qui reviennent.
  • Des jardins vivants. Olivier Darné, créateur de la ferme urbaine Zone Sensible à Saint-Denis, y développe des activités pédagogiques, de l’agriculture urbaine et des ruches, avec du miel produit sur place.
  • Un disquaire. Tinpan, le disquaire des Grandes Serres, participe déjà à la programmation musicale.
  • Une résidence de « flex living ». Une formule entre l’hôtel et le coliving, où l’idée, explique Antonia Raoux, est de « pouvoir réserver une chambre d’une nuit à plusieurs mois ». Utile pour les collègues de passage.

Le week-end d’ouverture, du 6 au 8 novembre

Annoncée pour octobre, l’ouverture au public se fait finalement le premier week-end de novembre. Au programme : concerts, expositions et ateliers proposés par les résidentes et résidents du lieu. La plupart des rendez-vous sont gratuits, mais beaucoup demandent une inscription. Les liens de réservation sont sur le compte Instagram des Grandes Serres.

Vendredi 6 novembre

  • 19h : concert et DJ set dans l’Agora, programmés par Tinpan. Gratuit sur inscription.

Samedi 7 novembre

  • 11h : conférence d’Alain Moatti, architecte de la halle. Gratuit sur inscription.
  • 16h : atelier sérigraphie et dégustation de vin. Sur inscription.
  • 17h : session d’écoute en partenariat avec Qobuz. Gratuit sur inscription.
  • 19h : concert dans l’Agora. Gratuit sur inscription.

Dimanche 8 novembre

  • Vernissage de l’exposition « Baume Chérie » d’Idir Davaine, avec la galerie Ketabi Bourdet. Entrée libre.
  • 11h : brunch des Grandes Serres, proposé par les comptoirs de restauration. Entrée libre.
  • 17h : prélude du concert de Gaspar Claus dans l’Agora. Entrée libre.
  • 18h : concert de Gaspar Claus à La Scène. Sur billetterie.

Notre conseil : la conférence d’Alain Moatti, samedi matin, est le meilleur moyen de comprendre le bâtiment dans lequel vous allez travailler.

Et ensuite ? FIP 360 s’installe aux Grandes Serres le 12 décembre

Pour sa dernière édition de l’année, FIP 360 pose ses enceintes dans la grande halle pour une soirée électro immersive, parmi les tout premiers événements du lieu. Douze enceintes L-Acoustics disposées à 360° entoureront le public. À l’affiche, deux performances exclusives de Kittin et de HAAi, DJ australienne installée à Londres et révélée par Baby, We’re Ascending. La relève française complète la soirée : le duo marta en live 360, la Marseillaise Yenkov, et Lastvuska (collectif Hors-Sol) en back-to-back avec Jacky Jeane et Olga B. Réservations sur Shotgun.

Vous allez travailler aux Grandes Serres ? Découvrez Pantin, au-delà du bureau

Travailler aux Grandes Serres, c’est aussi découvrir un quartier vivant : les berges du canal, les Magasins généraux juste en face, le Théâtre du Fil de l’eau, et toute une scène de restaurants, de commerces et de lieux culturels entre Pantin et le reste de la Seine-Saint-Denis.

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