Venez je vous emmène… au cimetière parisien de Pantin

par pierre

Avec ses 108 hectares, soit deux fois et demi la superficie du Père-Lachaise, c’est tout simplement le plus grand cimetière de France. Mais bien qu’il occupe un cinquième du territoire de Pantin, il n’est pas géré par la commune, car il s’agit bel et bien d’un cimetière parisien.

Cet article est issu de la vidéo tournée avec Simon Labussière, guide-conférencier pour Bonjour Pantin et ses voisins.

À la fin du XIXe siècle, confrontée à la saturation de ses cimetières intra-muros, la Ville de Paris se résout en effet à acquérir des terrains en dehors de ses limites administratives pour y implanter de nouveaux cimetières. Ils sont aujourd’hui six : Bagneux, Ivry, La Chapelle, Saint-Ouen, Thiais et bien sûr, Pantin, inauguré en 1886.

Le cimetière parisien de Pantin comprend environ 150 000 tombes, réparties dans 180 divisions suivant une trame extrêmement rigoureuse et rationnelle. Certaines de ces divisions sont des divisions militaires. On compte aussi une division périnatale, ce qu’on appelle parfois le carré des anges.

Notez qu’une concession à Pantin peut s’obtenir à des tarifs intéressants. Quelle que soit la durée choisie, il vous en coûtera quatre fois moins cher que dans n’importe quel cimetière intra-muros. A contrario, la conséquence est que le cimetière de Pantin compte un nombre relativement limité de célébrités, les personnalités parisiennes ayant tendance à préférer être inhumées intra-muros. Mais au détour d’une allée, vous croiserez peut-être la tombe du philosophe Emmanuel Levinas, de la chanteuse Fréhel, du cinéaste Jean-Pierre Melville ou bien du peintre Émile Bernard.

La majorité des allées portent le nom d’arbres, mais alors d’arbres très précis : avenue des Peupliers-Argentés, des Tilleuls-de-Hollande, des Frênes-Monophylles ou des Charmes-Pyramidaux. Et d’une manière générale, les quelque 9 000 arbres de 74 essences différentes qui ombragent le cimetière contribuent énormément à en faire un lieu verdoyant, calme, apaisant, où l’on peut oublier qu’on est aussi près des avenues Jean-Jaurès et du Maréchal-Leclerc.

Notez qu’en ce moment se déroule accessoirement une exposition d’art contemporain dans les allées du cimetière, qui s’appelle Demeure, qui est gratuite et qui court jusqu’au 15 novembre prochain. À l’occasion, n’hésitez pas.

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